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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>Le lieu o&#249; tenir &#8211; Chapitre 2. Les b&#226;tisseurs interrompus</title>
		<link>https://concours.madagascar-tribune.com/Le-lieu-ou-tenir-Chapitre-2-Les-batisseurs-interrompus.html</link>
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		<dc:date>2026-08-10T05:59:22Z</dc:date>
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		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le probl&#232;me malgache n'est pas tant un manque de b&#226;tisseurs et de vision, mais l'absence d'une architecture institutionnelle pour survivre &#224; leur d&#233;part. Sans contrat fiscal et sans autonomie financi&#232;re de l'&#201;tat (pression fiscale &#224; 10-11%), aucune vision politique ne peut tenir dans la dur&#233;e. Il est temps de passer du proc&#232;s moral (chercher un sauveur) au proc&#232;s institutionnel (construire un syst&#232;me). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pr&#233;cisons l'ambigu&#239;t&#233; : &#234;tre en capacit&#233; de planifier sa succession politique (cf (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L428xH285/logo-20-f2cb9.jpg?1786341572' class='spip_logo spip_logo_right' width='428' height='285' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le probl&#232;me malgache n'est pas tant un manque de b&#226;tisseurs et de vision, mais l'absence d'une architecture institutionnelle pour survivre &#224; leur d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans contrat fiscal et sans autonomie financi&#232;re de l'&#201;tat (pression fiscale &#224; 10-11%), aucune vision politique ne peut tenir dans la dur&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est temps de passer du proc&#232;s moral (chercher un sauveur) au proc&#232;s institutionnel (construire un syst&#232;me).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;cisons l'ambigu&#239;t&#233; : &#234;tre en capacit&#233; de planifier sa succession politique (cf Andry) ne fait pas automatiquement d'un dirigeant un b&#226;tisseur d'&#201;tat. La nuance est fondamentale entre l'art de se maintenir au pouvoir et la capacit&#233; &#224; b&#226;tir des structures &#233;conomiques et fiscales p&#233;rennes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH281/illustration_1-6-db187.jpg?1786341572' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des visions, il y en eut&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains mauvais penseurs objecteront &#8212; mais combien avec raison &#8212; que le diagnostic du volet pr&#233;c&#233;dent est trop commode : &#224; force de parler de structures, on finit par disculper les hommes. Or l'histoire malgache, contrairement au fatalisme ambiant, a connu des dirigeants capables de penser &#224; vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a seulement manqu&#233;, syst&#233;matiquement, d'un endroit o&#249; cette vision puisse survivre &#224; celui qui la portait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andrianampoinimerina, qui r&#232;gne sur l'Imerina de 1787 &#224; 1810, en offre l'exemple le plus abouti. Son &#339;uvre d'irrigation des rizi&#232;res, son unification progressive du royaume ne relevaient pas du coup d'&#233;clat ni d'une vision de Miami sur Pangalanes&#8230; mais d'une accumulation patiente, &#233;tal&#233;e sur vingt-trois ann&#233;es, sans rupture majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si c'est pr&#233;cis&#233;ment la dur&#233;e &#8212; et non la seule qualit&#233; de la vision &#8212; qui permet &#224; l'&#339;uvre de prendre racine : un syst&#232;me d'irrigation ne se juge pas sur une saison, mais sur des g&#233;n&#233;rations de rizi&#232;res entretenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radama Ier construit, lui, durant dix-huit ans sur un autre registre : ouverture d'&#233;coles, transcription du malgache en caract&#232;res latins, envoi d'&#233;l&#232;ves &#224; Maurice et &#224; Londres. Une &#339;uvre de b&#226;tisseur, incontestablement&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est frappant de r&#233;aliser que leur vision des deux mamelles de la Nation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et pourtant d&#233;faite en quelques ann&#233;es &#224; peine par Ranavalona Ire, apr&#232;s sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision ne manquait pas. Ce qui manquait, c'&#233;tait un m&#233;canisme capable de la faire tenir ind&#233;pendamment de la survie physique et politique de son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Penser loin ne suffit pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il serait toutefois faux de r&#233;duire l'histoire malgache moderne &#224; de seuls &#233;checs de transmission. Ratsiraka avait bien pens&#233; sur le temps long, avec la R&#233;volution socialiste de 1975. Mais penser loin ne suffit pas si le cap est erron&#233;. &lt;strong&gt;Une vision sur vingt ans mal orient&#233;e produit un d&#233;sastre de vingt ans&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas fini de se relever des errements de cette exp&#233;rience&#8230; Ou bien aurait-il fallu aller au bout du bout ??? Aurait-on pu avoir un succ&#232;s diff&#233;r&#233; ? No lo se&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;valuation a posteriori de Ravalomanana, avec son MAP &#8212; Madagascar Action Plan 2007-2012 &#8212;, n'est pas moins ambig&#252;e : un plan participatif sur dix ans, construit avec un souci r&#233;el de m&#233;thode (m&#234;me s'il faisait &#224; mon go&#251;t trop laboratoire Banque mondiale)&#8230; rompu net par le coup de force de 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je posais d&#233;j&#224; en 2009, sur ce m&#234;me blog, la question de la sinc&#233;rit&#233; et de la pertinence de cette vision. Elle reste ouverte ; il serait malhonn&#234;te de la trancher avec une assurance r&#233;trospective que les faits ne permettent pas. Mais quelle que soit la r&#233;ponse, le sort du MAP illustre la m&#234;me le&#231;on : aucune vision, si bien con&#231;ue et honn&#234;tement port&#233;e soit-elle, ne survit &#224; une rupture de r&#233;gime si rien n'a &#233;t&#233; b&#226;ti, en amont, pour la prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du proc&#232;s moral au proc&#232;s institutionnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on la plus d&#233;rangeante de cette &#233;valuation en quatre s&#233;quences est ici. Andrianampoinimerina, Radama Ier, Ratsiraka, Ravalomanana : quatre visions r&#233;elles&#8230; quatre &#339;uvres emport&#233;es&#8230; Il ne s'agit donc plus de d&#233;signer un coupable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on d&#233;place le jugement du terrain moral vers le terrain institutionnel : juger un homme referme un dossier ; juger un syst&#232;me interdit d'attendre, encore une fois, le prochain dirigeant enfin diff&#233;rent. Qu'il s'appelle Andry, Dada, Michael ou autre : il faut arr&#234;ter d'esp&#233;rer le prochain sauveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vertu et la comp&#233;tence ne suffisent pas sans une architecture pour les faire durer. Ce d&#233;placement est plus exigeant : il retire la satisfaction facile du coupable d&#233;sign&#233;, et impose de construire plut&#244;t que d'esp&#233;rer. Le motif commun &#224; ces quatre trajectoires n'est donc pas un d&#233;ficit de b&#226;tisseurs. C'est l'absence, obstin&#233;ment r&#233;p&#233;t&#233;e, d'une architecture capable de faire survivre l'&#339;uvre &#224; son auteur&#8230; ou &#224; son moment politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le paradoxe de la dur&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un paradoxe traverse ces quatre s&#233;quences : plus le r&#232;gne dure sans rupture &#8212; les vingt-trois ann&#233;es d'Andrianampoinimerina en sont l'exemple le plus net &#8212;, plus l'&#339;uvre prend racine. Non que la vision s'am&#233;liore avec le temps : la dur&#233;e elle-m&#234;me finit par produire ce que l'architecture institutionnelle n'a jamais offert, une garantie de continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, chaque interruption pr&#233;matur&#233;e &#8212; la mort de Radama &#224; trente-cinq ans, le coup de 2009 &#8212; ne se contente pas d'arr&#234;ter un projet : elle d&#233;montre, chaque fois un peu plus, qu'aucun projet malgache n'a &#233;t&#233; pens&#233; pour survivre &#224; son porteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne construit pas une &#233;cole pour qu'elle referme ses portes &#224; la disparition de celui qui l'a ouverte. C'est pourtant ce sch&#233;ma qui s'est r&#233;p&#233;t&#233;, avec une r&#233;gularit&#233; presque clinique, sur deux si&#232;cles d'histoire politique malgache &#8212; &#224; l'exception peut-&#234;tre de la s&#233;quence rajoelienne, que l'on savait pr&#234;te &#224; construire sa succession.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;pisode rajoelien pourrait infirmer la th&#232;se de la n&#233;cessaire dur&#233;e. Mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'assiette, nerf de la vision&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette absence n'est pas qu'une affaire de grands hommes. Une vision ne tient que si &lt;strong&gt;l'&#201;tat dispose des moyens propres de la financer&lt;/strong&gt; au-del&#224; de l'&#233;lan qui l'a lanc&#233;e &#8212; sans quoi elle d&#233;pend, comme le pouvoir lui-m&#234;me, de la survie de son auteur&#8230; ou de la bonne volont&#233; des bailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que la m&#233;canique la plus prosa&#239;que de l'&#201;tat rejoint la question des grands hommes : &lt;strong&gt;leur capacit&#233;, ou leur incapacit&#233;, &#224; se financer par eux-m&#234;me&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andrianampoinimerina l'avait compris mieux que quiconque, m&#234;me s'il n'en avait pas le vocabulaire : le fanompoana mobilis&#233; pour creuser les canaux n'&#233;tait pas une d&#233;pense, c'&#233;tait un investissement dans l'assiette de l'imp&#244;t elle-m&#234;me : chaque rizi&#232;re gagn&#233;e augmentait le surplus agricole qui, l'ann&#233;e suivante, alimentait le tribut&#8230; donc les moyens du royaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision et son financement ne sont pas deux chantiers s&#233;par&#233;s, mais un seul et m&#234;me geste. C'est cette diff&#233;rence de nature &#8212; construire l'assiette ou l'emprunter &#8212; qui s&#233;pare d&#233;j&#224;, deux si&#232;cles avant l'&#232;re du FMI et de Moscou, le b&#226;tisseur Andrianomponimerina des survivants Andry ou Michael.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une fiscalit&#233; sans contrat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le taux de pression fiscale malgache plafonne en fait entre dix et onze pour cent du PIB, contre une moyenne subsaharienne de 16,8 %. L'objectif de 18 % fix&#233; pour 2028 a toutes les chances de ne pas &#234;tre atteint&#8230; comme les pr&#233;c&#233;dents objectifs qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;&#8230; Les probl&#232;mes de la Jirama ou du co&#251;t &#224; la pompe de l'essence &#8211; tant qu'ils ne seront pas pris &#224; bras le corps autrement que par des mesurettes de changement de fournisseurs &#8211; sont l&#224; pour le contredire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chiffre n'est pas un accident conjoncturel. Il traduit un socle structurel : une informalit&#233; qui repr&#233;sente 95 % de l'emploi et, selon les estimations, entre 47 et 80 % de l'activit&#233; hors agriculture. S'y ajoutent les zones franches : des exon&#233;rations jusqu'&#224; quinze ans pour plus de quatre cents entreprises employant quelque deux cent mille personnes &#8212; un renoncement l&#233;gal, assum&#233;, &#224; une part significative de l'assiette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme de l'IRSA de 2026 resserre la charge sur les contribuables d&#233;j&#224; captifs du secteur formel plut&#244;t que d'&#233;largir la base. Le lien est direct : un &#201;tat qui ne finance que dix pour cent de son fonctionnement par un imp&#244;t n&#233;goci&#233; n'a, m&#233;caniquement, jamais eu &#224; construire le &lt;strong&gt;contrat fiscal-repr&#233;sentatif qui est le socle de toute pens&#233;e d'&#201;tat &#224; long terme&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le d&#233;faut est h&#233;rit&#233; de longue date : les colonisateurs pr&#233;levaient beaucoup, mais sans jamais n&#233;gocier ce pr&#233;l&#232;vement &#8212; un imp&#244;t de capitation impos&#233; par la force, recouvr&#233; sans contrepartie ni concertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Premi&#232;re R&#233;publique en h&#233;rite tel quel : quinze ans apr&#232;s l'ind&#233;pendance, m&#234;me destination, m&#234;me absence de dialogue. La r&#233;volte du Sud de 1971, r&#233;prim&#233;e dans le sang, en paie le prix. Son abolition en 1972-1975 r&#233;pond au sympt&#244;me, jamais &#224; la maladie : une soustraction, pas une n&#233;gociation &#8212; remplac&#233;e aussit&#244;t par la rente d'&#201;tat de la R&#233;volution socialiste. Le probl&#232;me survit, sous un autre nom.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'arbitrage du survivant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse du recouvrement douanier compl&#232;te le tableau : un autre pan de l'assiette &#233;chappe structurellement &#224; l'&#201;tat &#8212; non par accident, mais parce qu'aucun pouvoir n'a eu d'int&#233;r&#234;t politique imm&#233;diat &#224; s'y attaquer s&#233;rieusement. Le b&#233;n&#233;fice d'un recouvrement renforc&#233; se mesure sur plusieurs ann&#233;es budg&#233;taires ; son co&#251;t politique, lui, se paie tout de suite, aupr&#232;s d'importateurs et d'op&#233;rateurs qui comptent parmi les soutiens de toute coalition au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve, &#224; l'&#233;chelle administrative la plus terre-&#224;-terre, le m&#234;me arbitrage temporel que celui qui gouverne le choix d'un partenaire diplomatique : &lt;strong&gt;le b&#233;n&#233;fice diff&#233;r&#233; sacrifi&#233; au co&#251;t imm&#233;diat &#233;vit&#233;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Corruption : renverser la causalit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici corriger un raccourci trop souvent r&#233;p&#233;t&#233;, y compris dans ces colonnes : celui qui voudrait que &#171; la corruption favorise l'informalit&#233; &#187;. L'explication est s&#233;duisante, mais trop faible pour porter, seule, un ph&#233;nom&#232;ne qui touche 95 % de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne corrompt pas un pays entier. Ce chiffre d&#233;crit un dualisme structurel &#8212; une &#233;conomie de subsistance et une industrialisation rest&#233;e embryonnaire &#8212; qui n'a rien &#224; voir, dans son ampleur, avec la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la marge, en revanche, la corruption agit bien comme une d&#233;sincitation &#224; la formalisation : l'Enterprise Survey rel&#232;ve que 32 % des entrepreneurs malgaches d&#233;clarent avoir subi des demandes de pots-de-vin &#8212; et ce sont &lt;strong&gt;toujours&lt;/strong&gt;, le patronat le constate lui-m&#234;me, &lt;strong&gt;les m&#234;mes entreprises formelles qui paient&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut m&#234;me retourner la causalit&#233; : c'est souvent une fiscalit&#233; mal calibr&#233;e qui nourrit la corruption, plut&#244;t que l'inverse. La &#171; politique du ventre &#187; et sa lecture de l'&#201;tat rhizome&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Fran&#231;ois Bayart.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; offrent ici la grille la plus juste : certains segments de l'administration ont un int&#233;r&#234;t actif &#224; pr&#233;server le flou entre formel et informel, parce que ce flou est pr&#233;cis&#233;ment la technologie de leur pouvoir discr&#233;tionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce qui ne tient pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se dessine, &#224; travers l'histoire des b&#226;tisseurs interrompus comme &#224; travers l'anatomie de l'assiette fiscale, c'est une m&#234;me incapacit&#233; &#224; faire tenir quoi que ce soit au-del&#224; de l'instant qui l'a produit &#8212; r&#232;gne, mandat ou exercice budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; comprendre d'o&#249; vient, historiquement, cette incapacit&#233; &#224; construire une autonomie qui dure. C'est l'objet du volet suivant : &lt;strong&gt;III. Le raccourci qui n'existait pas&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le volet 1 est ici : &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Le-lieu-ou-tenir-Chapitre-1-Le-survivant-et-le-batisseur.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;I. Le survivant et le b&#226;tisseur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - 7 Ao&#251;t 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20469750886a7fb685da1528.18710168&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est frappant de r&#233;aliser que leur vision des deux mamelles de la Nation malagasy &#233;tait les infrastructures et l'&#233;ducation&#8230; Que ne les a-t-on pas copi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;pisode rajoelien pourrait infirmer la th&#232;se de la n&#233;cessaire dur&#233;e. Mais Rajoelina n'a jamais port&#233; de vision d'&#201;tat : seize ans de pouvoir au service d'une oligarchie familiale et affairiste, dont la nationalit&#233; fran&#231;aise acquise en secret d&#232;s 2014 est l'aveu &#8212; une sortie de secours personnelle. Cas le plus pur du t&#233;traptyque : la dur&#233;e n'y a servi que ceux qui en profitaient d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Fran&#231;ois Bayart.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La robe ne fait pas le mpiandry</title>
		<link>https://concours.madagascar-tribune.com/La-robe-ne-fait-pas-le-mpiandry.html</link>
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		<dc:date>2026-08-08T05:49:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andy M.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;daction vous propose une nouvelle s&#233;rie hebdomadaire. Notre folisophe va aborder des sujets de soci&#233;t&#233; qui peuvent effleurer la politique, et vice-versa, mais toujours sans prise de t&#234;te. De toutes fa&#231;ons, c'est le week-end ! &lt;br class='autobr' /&gt; Bienvenue, ami du samedi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : la maladie du titre. Le syndrome de Monsieur-Le. Le Moi-Je &#233;gotique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La robe ne fait pas le mpiandry (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;daction vous propose une nouvelle s&#233;rie hebdomadaire. Notre folisophe va aborder des sujets de soci&#233;t&#233; qui peuvent effleurer la politique, et vice-versa, mais toujours sans prise de t&#234;te. De toutes fa&#231;ons, c'est le week-end !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bienvenue, ami du samedi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : la maladie du titre. Le syndrome de Monsieur-Le. Le Moi-Je &#233;gotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La robe ne fait pas le &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; : c'est ainsi que l'on pourrait traduire dans le contexte malgache le dicton du XIIIe si&#232;cle qui dit que l'habit ne fait pas le moine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, le titre ne fait pas la personne de qualit&#233;. Du moins, pas toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvrons le dossier des sp&#233;cimens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Monsieur le pr&#233;sident &#187; ne donne pas syst&#233;matiquement la carrure d'un homme d'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Mon g&#233;n&#233;ral &#187; n'en fait pas n&#233;cessairement un g&#233;nie militaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Monsieur le juge &#187; n'en fait pas toujours un mod&#232;le de vertu.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Monsieur le ministre &#187; ne l'emp&#234;che pas de devenir sinistre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Monsieur le d&#233;put&#233; &#187; n'assure en rien qu'il soit honorable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Liste d&#233;clinable. &#192; l'infini. Au pluriel. Au f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux titres religieux tels que &#171; Papa &#187;, &#171; Pasitera &#187;, &#171; Mompera &#187;, &#171; Mpiandry &#187;, &#171; Katekista &#187; ou &#171; Diakona &#187;, on laissera aux excit&#233;s de la bigoterie la responsabilit&#233; de leur donner le bon Dieu sans confession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, traiter une femme de &#171; pute &#187; n'en fait pas n&#233;cessairement une p&#233;ripat&#233;ticienne. Qualifier un homme de &#171; con &#187; ne le convertit pas en sexe de femme, m&#234;me si c'est la d&#233;finition du dictionnaire. Heureusement. Ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se faire appeler &#171; Monsieur le ceci &#187; ou &#171; Madame la cela &#187; n'a donc jamais rien transform&#233;. Sauf l'&lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; du concern&#233; et de ses proches, car la maladie qui l'accompagne est contagieuse. Mais aussi celui du deuxi&#232;me bureau, car elle est sexuellement transmissible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait la capacit&#233; d'un &#234;tre humain &#224; assumer ses fonctions avec comp&#233;tence et dignit&#233;, ce n'est pas le titre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont ses qualit&#233;s morales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son sens de l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son patriotisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa grandeur d'&#226;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa comp&#233;tence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son respect de soi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son respect des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avant un vol, une compagnie a&#233;rienne ne demande jamais aux passagers de voter pour choisir qui portera le titre de commandant de bord ? Elle le d&#233;signe en fonction de la formation, du temp&#233;rament et de l'exp&#233;rience. Personne n'a envie de traverser une zone de turbulences avec un pilote &#233;lu &#224; la popularit&#233; ou &#224; la bogossit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seules exceptions o&#249; le titre est en principe en ad&#233;quation avec la comp&#233;tence : les domaines universitaire et scientifique. On reconna&#238;t &#224; &#171; Monsieur le professeur &#187; le talent pour professer. On reconna&#238;t &#224; &#171; Monsieur le docteur &#187; le droit de soigner. On accepte &#224; &#171; Monsieur l'ing&#233;nieur &#187; la qualit&#233; de pouvoir apporter des solutions techniques. Etc. Point commun avec le commandant de bord : aucun de ces titres ne s'obtient par vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En politique, c'est diff&#233;rent : l'&#233;lection permet de donner le pouvoir de diriger &#224; n'importe qui. Il est donc normal de constater que de nombreux &#233;lus font n'importe quoi. Avec les non-&#233;lus, c'est encore pire : ils ne se sentent redevables de rien envers personne. Pas m&#234;me envers leur reflet dans le miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde politique, un titre n'est pas une assurance-qualit&#233;. C'est juste un attribut de fonction, et un justificatif de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui des politiciens. Des policiers. Des magistrats. Des douaniers. Des inspecteurs des imp&#244;ts. Des plantons faisant la pluie et le beau temps dans la vitesse de circulation des parapheurs. Et tout autre rapace qui vit et vole du haut en bas de l'administration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir de d&#233;cider.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir de nommer et celui de virer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir d'acc&#233;l&#233;rer et celui de bloquer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir de racketter et celui de harceler.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir de gaspiller l'argent public comme s'il poussait dans le jardin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir de voyager aux frais de la princesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir de vous emmerder. Quelquefois gratuitement. Mais beaucoup plus souvent, en cherchant &#224; monnayer votre qui&#233;tude. &lt;i&gt;Mametraha kely raha tsy te hihinana gagazo.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir de propager des rumeurs, car beaucoup croient stupidement que la parole du pouvoir a valeur d'&#233;vangile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir de se faire catapulter &#171; Monsieur le sixi&#232;me dan de karat&#233; obtenu dans une enveloppe-surprise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ami du samedi, retiens bien ceci : lorsque l'&#233;thique a ferm&#233; boutique, les d&#233;rives arrivent &#224; Tananarive. Mais aussi ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais chez tous ces patients atteints du syndrome de Monsieur-Le (ou Madame-La), il y a une conviction irr&#233;fragable : ils sont l'&#233;lite de la nation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus intelligents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus patriotes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus int&#232;gres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus exp&#233;riment&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus courageux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les plus cultiv&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ne font jamais d'erreurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ont toujours raison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux habilit&#233;s &#224; distribuer les d&#233;corations et les bons points de &#171; h&#233;ros malagasy &#187;, m&#234;me aux fripons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ne supportent ni contradiction, ni contrari&#233;t&#233; : l'allergie la plus r&#233;pandue au sommet de la pyramide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les champions. Reste &#224; savoir dans quelles cat&#233;gories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quand on regarde le pass&#233; et le pr&#233;sent de beaucoup d'entre eux, le diagnostic est sans appel : nos &#233;lites se d&#233;litent. Pour certains, on ne parlerait m&#234;me plus de casseroles, mais d'un magasin entier de batteries de cuisine. Avec service apr&#232;s-vente et garantie d&#233;cennale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1960, le probl&#232;me du pays n'est pas d'avoir confi&#233; le pouvoir &#224; des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de l'avoir confi&#233; &#224; des gens qui n'avaient pas l'envergure pour l'assumer enti&#232;rement avec talent et classe. Et ce, du haut en bas de l'&#233;chelle de l'administration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; hypertropi&#233;, l'arrogance, l'abus de pouvoir ou la corruption viennent livr&#233;s en kit avec la panoplie du puissant &#224; Madagascar. Avec en prime l'ultracr&#233;pidarianisme et l'effet Dunning-Kruger. Deux mots p&#233;dants pour dire la m&#234;me chose : moins on a de connaissance sur un sujet, plus on joue la partition contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#231;a nous promet le &lt;i&gt;paradisa sosialista&lt;/i&gt;. Et &#231;a nous abreuve de &lt;i&gt;fahamarinana&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;fahamasinana&lt;/i&gt;. Et &#231;a nous chante la bonne &lt;i&gt;gouvernansa&lt;/i&gt;. Et &#231;a nous fait des &lt;i&gt;velirano&lt;/i&gt;. Et &#231;a nous promet le &lt;i&gt;fanavaozana&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on a le pouvoir, la comp&#233;tence et l'int&#233;grit&#233; deviennent comme le beurre : moins on en a, plus on l'&#233;tale. Et plus &#231;a sent le rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens nourrissent l'illusion que leur titre les rend experts de tout et de rien &#224; la fois. De la lutte contre les pand&#233;mies &#224; la sauvegarde des &#226;mes de la population. Des finances publiques &#224; la g&#233;opolitique. Du professionnalisme de la presse aux tuyaux perc&#233;s de la Jirama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndrome du Monsieur-Le atteint les sens. Il rend sourd aux critiques. Aveugle aux &#233;vidences. Insensible aux malheurs de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne voit que les cire-pompes. Il n'entend que les louanges, m&#234;me les plus hypocrites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car dans leurs lubies et leurs illusions, ces malades ne sont jamais seuls. Ils sont encourag&#233;s par les thurif&#233;raires, les laudateurs, les flagorneurs, les &lt;i&gt;bravoprezid&#224;istes&lt;/i&gt;. En quatre mots comme en mille, ceux qui font commerce de solelakisme pour garder leur acc&#232;s au r&#226;telier et &#233;viter deux lignes dans le communiqu&#233; du mercredi, section abrogations. Ou pour continuer &#224; r&#234;ver d'y figurer, section nominations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque des r&#233;seaux sociaux, le ph&#233;nom&#232;ne a pris une autre dimension avec l'&#233;levage industriel de troupeaux de comptes fakes, engraiss&#233;s au like, organis&#233;s et pay&#233;s pour braire dans un sens ou contre l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela gonfle une bulle artificielle qui fait croire au puissant qu'il jouit d'une popularit&#233; extraordinaire, immuable et irr&#233;versible. Jusqu'&#224; ce que la place du 13 mai lui raconte une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises cycliques ne sont donc pas seulement le fruit de man&#339;uvres politiques de bas &#233;tage. Elles sont aussi le r&#233;sultat de mentalit&#233;s basses qui grouillent en haut de la pyramide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'habit ne fait pas le moine, et que la robe ne fait pas le &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt;, alors il faut se rendre &#224; l'&#233;vidence : le titre n'est parfois qu'un masque taill&#233; pour donner l'illusion. Se faire appeler &#171; Monsieur le &#187; ou &#171; Madame la &#187;, cela sonne s&#233;rieux et fait respectable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#234;tre humain est ainsi fait que nul n'est parfait, et certains, visiblement, encore moins que d'autres. Surtout dans la classe politique. Du moins, si classe il y a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre n'emp&#234;che donc pas les d&#233;rapages. Au contraire, il les favorise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question se pose alors. Elle a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pos&#233;e, il y a bien longtemps, par Juv&#233;nal, po&#232;te de la Rome antique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Quis custodiet ipsos custodes&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui garde les gardiens ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui surveille les surveillants ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui juge les magistrats ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt; Iza no hiandry ny mpiandry&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Consultation termin&#233;e. Ordonnance d&#233;livr&#233;e gratuitement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi parle le folisophe du &#231;a me dit. Qui vous dit &#224; samedi prochain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20469750886a7fb685da1528.18710168&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des mpaka fo aux mpangala-jaza : le danger des raccourcis bas&#233;s sur les rumeurs</title>
		<link>https://concours.madagascar-tribune.com/Des-mpaka-fo-aux-mpangala-jaza-le.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://concours.madagascar-tribune.com/Des-mpaka-fo-aux-mpangala-jaza-le.html</guid>
		<dc:date>2026-08-04T07:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ikala Paingotra</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Bien malgr&#233; elle, la franc-ma&#231;onnerie malgache est actuellement mise sur le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique dans un contexte de psychose li&#233;e &#224; la vague de kidnappings et de meurtres. L'opinion publique a besoin de r&#233;ponses, et la recherche de coupables est devenue une priorit&#233; pour les autorit&#233;s. Le pays du tsaho et du honohono n'a jamais d&#233;daign&#233; faire preuve de cr&#233;ativit&#233; quand les preuves sont faibles. &#192; d&#233;faut, un bouc &#233;missaire fera l'affaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;clarations de certaines autorit&#233;s, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L452xH300/images-2-5f453.jpg?1785742096' class='spip_logo spip_logo_right' width='452' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien malgr&#233; elle, la franc-ma&#231;onnerie malgache est actuellement mise sur le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique dans un contexte de psychose li&#233;e &#224; la vague de kidnappings et de meurtres. L'opinion publique a besoin de r&#233;ponses, et la recherche de coupables est devenue une priorit&#233; pour les autorit&#233;s. Le pays du &lt;i&gt;tsaho&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;honohono&lt;/i&gt; n'a jamais d&#233;daign&#233; faire preuve de cr&#233;ativit&#233; quand les preuves sont faibles. &#192; d&#233;faut, un bouc &#233;missaire fera l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations de certaines autorit&#233;s, mais &#233;galement une campagne de communication orchestr&#233;e sur Facebook par des comptes soutenant le pouvoir animent les rumeurs : les francs-ma&#231;ons feraient des sacrifices humains, ils auraient des sources d'argent illimit&#233;, et autres balivernes qui &#233;moustillent les esprits superficiels en qu&#234;te d'&#233;motions fortes. Pour les peu soucieux de sens critique, passer des &lt;i&gt;mpaka fo&lt;/i&gt; aux &lt;i&gt;mpangala-jaza&lt;/i&gt; est un raccourci naturel : le fruit de la rencontre entre un faible niveau d'&#233;ducation, l'&#233;mergence d'une bigoterie fanatique qui s'en prend &#224; tout ce qui n'est pas d'essence chr&#233;tienne (y compris les cultes traditionnels), et une propension &#224; manipuler la religion &#224; des fins politiques depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode trouble actuelle &#224; laquelle fait face la franc-ma&#231;onnerie malgache, celle-ci subit les cons&#233;quences de trois facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est le mythe de la soci&#233;t&#233; secr&#232;te, qui alimente fantasme et suspicion. Toutefois, on ne voit pas trop ce que cela signifie au XXI&#232;me si&#232;cle, lorsque conf&#233;rences publiques, livres, vid&#233;os sur YouTube, pages Facebook et sites internet parlent ouvertement de la franc-ma&#231;onnerie. Les organisations ma&#231;onniques sont enregistr&#233;es au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, et sont r&#233;gies par le r&#233;gime des associations (ordonnance 60-133 du 3 octobre 1960). La franc-ma&#231;onnerie n'est donc secr&#232;te que pour ceux qui n'ont pas la curiosit&#233;, voire la capacit&#233; intellectuelle, de chercher au-del&#224; du mythe. Dans les pays d&#233;velopp&#233;s au sens du PIB et des mentalit&#233;s, les temples sont connus, et par exemple aux &#201;tats-Unis les &lt;i&gt;masonic hospitals&lt;/i&gt; ont pignon sur rue. Le terme discret est donc plus ad&#233;quat que celui de secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me est la volont&#233; de certains r&#233;seaux francs-ma&#231;ons de vouloir &#171; &#339;uvrer dans la Cit&#233; &#187; de mani&#232;re concr&#232;te en investissant le champ politique et &#233;conomique, et en proc&#233;dant &#224; des recrutements int&#233;ress&#233;s dans cette perspective. &#192; Madagascar, ce mouvement s'est intensifi&#233; pendant les ann&#233;es 2000 et s'est acc&#233;l&#233;r&#233; avec la crise de 2009. &#192; long terme, cela a cr&#233;&#233; des scissions entre les tenants de la voie traditionnelle, qui consid&#232;rent la franc-ma&#231;onnerie comme une &#233;cole de perfectionnement moral et spirituel, et ceux qui fantasment d'en faire un outil de contr&#244;le de la soci&#233;t&#233;. Cette derni&#232;re vision d&#233;voy&#233;e favorise les rumeurs et les suspicions d'une organisation associ&#233;e &#224; tort et &#224; travers aux &lt;i&gt;illuminati&lt;/i&gt; et autres soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes ayant cette perspective. Normal qu'elle cr&#233;e de la m&#233;fiance, aupr&#232;s des pouvoirs politiques autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me d&#233;coule de ce qui pr&#233;c&#232;de. La d&#233;rive des motivations des recruteurs s'est automatiquement accompagn&#233;e d'une d&#233;rive des motivations des recrut&#233;s. La franc-ma&#231;onnerie malgache a donc vu l'entr&#233;e massive de gens qui n'avaient pas les qualit&#233;s pour &#234;tre l&#224;, ou qui &#233;taient l&#224; pour de mauvaises raisons. Certains se sont singularis&#233;s par des actes peu compatibles avec l'esprit de la franc-ma&#231;onnerie et se sont fait l&#233;gitimement exclure. Cela peut encourager des d&#233;nonciations calomnieuses de la part de frustr&#233;s, mais qui connaissent la maison et sont en mesure de guider l'inquisition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la franc-ma&#231;onnerie dans le monde n'est pas exempte de d&#233;rives. Mais comme toute organisation humaine, elle est compos&#233;e d'hommes et de femmes qui ont aussi leurs travers. Doit-on traiter l'ensemble de l'&#201;glise catholique de pornographique &#224; partir des actes de nombreux pr&#234;tres en mati&#232;re de p&#233;dophilie ou de viols des religieuses ? Doit-on accuser le mouvement &lt;i&gt;Fifohazana&lt;/i&gt; d'atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'Etat, car de 2009 &#224; 2025, des &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; notoires ont soutenu, b&#233;ni ou perp&#233;tr&#233; des prises de pouvoir anticonstitutionnelles ? Doit-on qualifier la FJKM de d&#233;vergond&#233;e parce qu'un de ses pasteurs a &#233;t&#233; attrap&#233; dans un salon de massage ? Contrairement aux rumeurs sur les &lt;i&gt;mpaka fo&lt;/i&gt;, tous ces faits sont bel et bien document&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y a des faits qui m&#233;ritent explication, comme la d&#233;couverte d'ossements dans le temple perquisitionn&#233; &#224; Ivandry. D'o&#249; proviennent-ils ? Mais de l&#224; &#224; se pr&#233;cipiter pour les lier &#224; la profanation de tombeaux, il y a un pas que nous laissons &#224; d'autres le soin de franchir. Quant &#224; la pr&#233;sence d'un document dont la seule lecture du titre &#034;rituel fun&#232;bre&#034; effraie les oreilles bigotes, ces derni&#232;res feraient aussi bien de se les boucher &#224; l'&#233;coute de la marche fun&#232;bre de Chopin ou de la valse fun&#232;bre de Schubert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la rumeur attribuant le qualificatif de &lt;i&gt;mpaka fo&lt;/i&gt; aux francs-ma&#231;ons &#224; Madagascar date du d&#233;but du si&#232;cle, lorsque l'&#201;v&#234;que j&#233;suite Jean-Baptiste Cazet les a qualifi&#233;s ainsi dans une brochure intitul&#233;e &#171; Ny Framasao &#187;, publi&#233;e en janvier 1891. Monseigneur Cazet avait utilis&#233; cette expression au sens figur&#233; (&#171; s&#233;ducteurs &#187;) pour discr&#233;diter les francs-ma&#231;ons, dans un contexte de lutte d'influence entre Fran&#231;ais et Britanniques, ces derniers &#233;tant suspect&#233;s d'&#234;tre proches des premi&#232;res loges ma&#231;onniques du pays. Mais il n'en fallut pas plus pour que le sens litt&#233;ral ne se r&#233;pande dans l'opinion publique, surtout chez ceux qui n'ont pas eu beaucoup d'instruction. L'imaginaire populaire a donc favoris&#233; l'image de francs-ma&#231;ons parcourant les rues &#224; la recherche de c&#339;urs pour proc&#233;der &#224; des sacrifices humains. Ces rumeurs perdurent depuis la fin du XIX&#232;me si&#232;cle et sont crues jusqu'&#224; aujourd'hui. Dans sa plainte d&#233;pos&#233;e &#224; l'&#233;poque contre Mgr Cazet pour diffamation, la franc-ma&#231;onnerie malgache a eu gain de cause. Malheureusement, le mal &#233;tait fait, et les gens se souviennent du terme &lt;i&gt;mpaka fo&lt;/i&gt; associ&#233; aux francs-ma&#231;ons, et non de la condamnation de Mgr Cazet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un lourd pass&#233; de pers&#233;cutions
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la plan&#232;te rappelle &#233;galement que les r&#233;gimes autoritaires, voire dictatoriaux, ont pers&#233;cut&#233; la franc-ma&#231;onnerie. Cela a commenc&#233; d&#232;s 1738 avec l'&#201;glise catholique qui l'a condamn&#233;e par la bulle &lt;i&gt;In eminenti&lt;/i&gt; du pape Cl&#233;ment XII, l'accusant de relativisme religieux et de conspiration occulte. Par la suite, les dictatures de la premi&#232;re moiti&#233; du XX&#232;me si&#232;cle lui ont embo&#238;t&#233; le pas, pour des raisons politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la loi du 13 ao&#251;t 1940 promulgu&#233;e par le r&#233;gime de Vichy, alli&#233; des nazis, dissout les soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes et interdit la franc-ma&#231;onnerie, sous le pr&#233;texte d'avoir favoris&#233; la d&#233;faite fran&#231;aise. Une loi de 1941 ordonne la publication des noms de plus de 16 000 dignitaires ma&#231;ons au Journal officiel, les privant de leurs emplois. Les francs-ma&#231;ons sont interdits d'exercer dans la fonction publique. Les loges sont pill&#233;es, les fichiers saisis et des centaines de francs-ma&#231;ons sont arr&#234;t&#233;s, pers&#233;cut&#233;s ou d&#233;port&#233;s vers les camps de concentration. Leurs biens sont confisqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, sous la dictature de Franco (1939-1975), une loi de 1940 provoque la r&#233;pression de la franc-ma&#231;onnerie et du communisme, entra&#238;nant des condamnations et l'exil forc&#233; des membres. En Italie, en 1925, le r&#233;gime fasciste de Benito Mussolini interdit les soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes, dans le but de d&#233;truire les loges ma&#231;onniques per&#231;ues comme ennemies de l'&#201;tat. L'objectif &#233;tait d'&#233;liminer toute opposition politique ind&#233;pendante. Des escouades fascistes ont attaqu&#233; et d&#233;moli des temples ma&#231;onniques et des biblioth&#232;ques dans plusieurs villes italiennes. En Allemagne, le r&#233;gime nazi d'Adolf Hitler (1933-1945) assimile les francs-ma&#231;ons aux complots jud&#233;o-bolcheviques, et proc&#232;de &#224; des arrestations massives et d&#233;portation de nombreux membres dans les camps de concentration. En Union sovi&#233;tique, la franc-ma&#231;onnerie est consid&#233;r&#233;e comme bourgeoise et contre-r&#233;volutionnaire par les bolcheviques d&#232;s les d&#233;buts du r&#233;gime, qui la liquide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique, les ann&#233;es soixante ont vu les &#201;tats nouvellement ind&#233;pendants prendre des mesures de r&#233;pression de la franc-ma&#231;onnerie, avant un retour progressif &#224; la tol&#233;rance dans les ann&#233;es 1970. En C&#244;te d'Ivoire, le pr&#233;sident F&#233;lix Houphou&#235;t-Boigny a interdit et r&#233;prim&#233; les loges en 1963, apr&#232;s avoir craint un complot. Des mesures d'interdiction ou de surveillance ont aussi touch&#233; le B&#233;nin, le Za&#239;re, la Guin&#233;e et le Mali durant la m&#234;me d&#233;cennie. La franc-ma&#231;onnerie ouest-africaine a trouv&#233; la parade : nommer les chefs d'&#201;tat &#224; la t&#234;te des ob&#233;diences, ce qui les rassure quant &#224; l'absence de risque d'opposition politique. Parmi ceux souvent cit&#233;s, les &#171; fr&#232;res &#187; Sassou-Ngesso, Biya ou Bongo, dont la long&#233;vit&#233; au pouvoir souligne leur qualit&#233; de d&#233;mocrates et d'humanistes engag&#233;s, contribuant ainsi &#224; une image d&#233;plorable de la franc-ma&#231;onnerie africaine, souvent associ&#233;e aux affaires d'activisme politico-&#233;conomique de la franc-ma&#231;onnerie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce rappel historique, deux &#233;l&#233;ments transversaux apparaissent et lient tous ces &#233;pisodes. Premi&#232;rement, la pers&#233;cution a eu lieu dans des espaces non d&#233;mocratiques, marqu&#233;s par une volont&#233; d'imposer par la force une pens&#233;e unique, qu'elle soit religieuse ou politique. Par son profil d'association de libres penseurs, la franc-ma&#231;onnerie ne pouvait qu'&#233;veiller la suspicion, voire la haine des pouvoirs politiques peu soucieux des libert&#233;s. On n'a jamais vu dans l'histoire des r&#233;gimes d&#233;mocratiques s'attaquer aux francs-ma&#231;ons, sauf, et &#224; juste titre, pour les d&#233;rives en violation de la Loi, comme dans le cas du r&#233;cent proc&#232;s de la loge Athanor en France. Deuxi&#232;mement, le rappel de ces &#233;pisodes de pers&#233;cution nous ram&#232;ne &#224; des si&#232;cles pass&#233;s, ce qui montre un choix &#224; faire pour le sens de l'Histoire : marcher vers le XVIII&#232;me si&#232;cle, avec pour r&#233;f&#233;rences Hitler, Mussolini, P&#233;tain, Staline, et Franco ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le lieu o&#249; tenir &#8211; Chapitre 1. Le survivant et le b&#226;tisseur</title>
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		<dc:date>2026-08-03T09:14:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Madagascar n'a jamais manqu&#233; de vision ni de b&#226;tisseurs &#8212; il a manqu&#233; d'un endroit o&#249; leur &#339;uvre puisse tenir au-del&#224; de son auteur. Le pivot russe de f&#233;vrier 2026 n'est qu'un cas r&#233;cent d'un r&#233;flexe ancien : pr&#233;f&#233;rer le geste imm&#233;diat &#224; l'&#339;uvre diff&#233;r&#233;e, chaque fois qu'un raccourci ext&#233;rieur &#8212; hier la France, puis les bailleurs multilat&#233;raux, aujourd'hui Moscou &#8212; le permet. Cette s&#233;rie en quatre volets remonte ce fil, du sympt&#244;me diplomatique &#224; ses racines institutionnelles, fiscales, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-58-8bf56.jpg?1785748473' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Madagascar n'a jamais manqu&#233; de vision ni de b&#226;tisseurs &#8212; il a manqu&#233; d'un endroit o&#249; leur &#339;uvre puisse tenir au-del&#224; de son auteur. Le pivot russe de f&#233;vrier 2026 n'est qu'un cas r&#233;cent d'un r&#233;flexe ancien : pr&#233;f&#233;rer le geste imm&#233;diat &#224; l'&#339;uvre diff&#233;r&#233;e, chaque fois qu'un raccourci ext&#233;rieur &#8212; hier la France, puis les bailleurs multilat&#233;raux, aujourd'hui Moscou &#8212; le permet.&lt;br class='manualbr' /&gt;Cette s&#233;rie en &lt;strong&gt;quatre volets remonte ce fil, du sympt&#244;me diplomatique &#224; ses racines institutionnelles, fiscales, coloniales et compar&#233;es&lt;/strong&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. Le survivant et le b&#226;tisseur&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_20871 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://concours.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/le-survivant-et-le-batisseur.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH281/le-survivant-et-le-batisseur-14860.jpg?1785748473' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le grand th&#233;&#226;tre du Kremlin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose de profond&#233;ment d&#233;risoire dans la mise en sc&#232;ne du 18 f&#233;vrier 2026, au Kremlin. Deux hommes s'y serrent la main devant les cam&#233;ras et &#233;voquent, dans la langue diplomatique de circonstance, une &#171; nouvelle &#232;re de coop&#233;ration &#187;&#8230; Le d&#233;cor se meuble en quelques semaines : blind&#233;s, drones et fusils d'assaut russes remis en grande pompe &#224; la garde pr&#233;sidentielle, formateurs de l'Africa Corps, chambre de commerce russo-malgache, &#233;missions coproduites sur les m&#233;dias gasy avec African Initiative &#8212; rattach&#233;e aux services ext&#233;rieurs russes &#8212; chantant les vertus de l'idylle poutino-malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comble de l'absurdit&#233; : la CENI se rapproche de son homologue russe pour les prochains scrutins&#8230; la Russie poutinienne, mod&#232;le &#233;minent de transparence &#233;lectorale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait gloser sur l'absurdit&#233; calendaire de ce rapprochement. Les enqu&#234;tes Afrobarom&#232;tre 2024-2025, sur trente-huit pays africains, l'&#233;tablissent de mani&#232;re av&#233;r&#233;e : la Russie est, de tous les acteurs internationaux test&#233;s, le moins appr&#233;ci&#233; &#8212; trente-six pour cent d'opinions favorables, loin derri&#232;re la Chine, l'Union africaine, les &#201;tats-Unis, et m&#234;me l'Union europ&#233;enne, malgr&#233; lobbyistes, influenceurs et officines de propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Angola, alli&#233; historique de Moscou depuis un demi-si&#232;cle, vient d'expulser le diamantaire Alrosa et la banque VTB, et de d&#233;masquer une officine d'influence russe camoufl&#233;e en centre culturel. Au Mali, vitrine pourtant la plus favorable &#224; cette main gagnante que pr&#233;tend jouer la junte malgache, l'Africa Corps a d&#251; honteusement fuir Kidal. Partout o&#249; elle s'est d&#233;ploy&#233;e sur le continent, la martingale russe affiche un bilan d'&#233;chec largement document&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas se tromper de d&#233;bat. Le rapprochement russe met au jour un sympt&#244;me du syndrome que je caract&#233;risais d&#233;j&#224; en janvier 2025 sous le nom de &#171; g&#233;opolitique du pauvre &#187; &#8212; celle des nations structurellement fragiles qui, faute de ligne de d&#233;veloppement claire, s'&#233;puisent &#224; courir apr&#232;s l'image plut&#244;t qu'&#224; consolider leurs bases.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps du survivant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Russie n'a rien invent&#233; &#224; cette logique : elle en est simplement l'imm&#233;diat partenaire du moment. Demain, un autre nom fera l'affaire &#8212; peu importe lequel. Le probl&#232;me n'est pas Moscou. Le probl&#232;me est que le pouvoir malgache, quel qu'il soit, raisonne structurellement &lt;strong&gt;dans le temps du survivant&lt;/strong&gt;, et &lt;strong&gt;non dans le temps du b&#226;tisseur&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une facilit&#233; de tribune : un survivant et un b&#226;tisseur n'ont pas le m&#234;me rapport au temps &#8212; ils n'ont simplement pas la m&#234;me incitation &#224; en avoir un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2002, aucun pouvoir malgache n'a acc&#233;d&#233; &#224; ses fonctions par continuit&#233; administrative pure : &#233;lections contest&#233;es, coups de force, transitions militaires se sont succ&#233;d&#233; sans discontinuer. Chaque r&#233;gime n&#233; d'une rupture doit d'abord se l&#233;gitimer et acheter la paix de sa coalition &#8212; l'arm&#233;e, le premier cercle, quelques bailleurs de dernier recours. C'est exactement ce que d&#233;crit la th&#233;orie du s&#233;lectorat : quand la survie d'un dirigeant d&#233;pend d'une coalition minimale plut&#244;t que d'un contrat large avec la population, la logique du pouvoir ne consiste plus &#224; produire des biens publics dont les effets se mesurent sur des d&#233;cennies &#8212; routes, &#233;coles, r&#233;seaux &#233;lectriques, &#201;tat de droit &#8212; mais &#224; distribuer &lt;strong&gt;des avantages priv&#233;s, imm&#233;diats et visibles &#224; cette coalition&lt;/strong&gt; : soldes vers&#233;es, &#233;quipements livr&#233;s, c&#233;r&#233;monies organis&#233;es en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La livraison de blind&#233;s russes &#224; la garde pr&#233;sidentielle r&#233;pond exactement &#224; cette logique : r&#233;compenser imm&#233;diatement et spectaculairement les forces dont la loyaut&#233; peut garantir le maintien du r&#233;gime &#8212; soutien contre ressources, &#233;quipements, reconnaissance privil&#233;gi&#233;e. Une centrale &#233;lectrique, elle, ne procure aucun b&#233;n&#233;fice direct &#224; cette coalition, et ses effets sont bien trop lents pour entrer dans ce calcul.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une fiscalit&#233; sans contrat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Seconde raison, plus profonde, tir&#233;e de la sociologie historique de l'&#201;tat. L'extr&#234;me faiblesse des moyens de l'&#201;tat tient &#224; l'extr&#234;me faiblesse de sa fiscalit&#233; &#8212; un probl&#232;me auquel personne ne veut vraiment s'atteler, pour les m&#234;mes raisons politiques : son co&#251;t social &#233;lev&#233;, et l'incapacit&#233; d'imaginer sur un temps plus long les compensations n&#233;cessaires. Ce sont ces m&#234;mes contradictions &#8212; co&#251;t de l'essence, co&#251;t de l'&#233;nergie maintenus artificiellement bas &#224; coups de subventions &#8212; qui s'expriment ici, quitte &#224; saigner l'&#233;conomie et priver l'&#201;tat de ses ressources principales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#201;tat se construit (Charles Tilly) en n&#233;gociant, sur plusieurs si&#232;cles, la lev&#233;e de l'imp&#244;t contre repr&#233;sentation et l&#233;gitimit&#233;. Ce marchandage fiscal-l&#233;gitimit&#233; finit par obliger un pouvoir &#224; composer avec sa population et &#224; penser au-del&#224; de son propre mandat. Madagascar n'a jamais vraiment travers&#233; ce processus. L'&#201;tat malgache tire depuis trop longtemps l'essentiel de ses moyens, non pas d'un imp&#244;t n&#233;goci&#233; avec les citoyens, mais d'une rente &#8212; mati&#232;res premi&#232;res, aide internationale, transferts de la diaspora, et d&#233;sormais partenariats s&#233;curitaires troqu&#233;s contre de la reconnaissance diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pouvoir qui ne d&#233;pend pas fiscalement de sa population n'a aucune raison de raisonner &#224; son &#233;chelle g&#233;n&#233;rationnelle. Il raisonne &#224; l'&#233;chelle de son bailleur du moment &#8212; Moscou aujourd'hui, un autre nom hier, un troisi&#232;me demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce filet de s&#233;curit&#233; ext&#233;rieur, pr&#233;cis&#233;ment, d&#233;responsabilise. L'aide budg&#233;taire, les dons post-cyclone, les transferts de la diaspora comblent les d&#233;ficits sans qu'aucune r&#233;forme structurelle ne soit vraiment exig&#233;e &#8212; m&#234;me quand elle l'est sur le papier. &lt;strong&gt;Un dirigeant sait, quelque part, que sa gestion calamiteuse n'ira jamais tout &#224; fait jusqu'&#224; l'effondrement&lt;/strong&gt;, parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour renflouer a minima. Cette certitude diffuse dissout l'incitation &#224; l'anticipation. On ne pr&#233;pare pas l'avenir d'un pays qu'on sait, inconsciemment, toujours rattrapable in extremis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat pourrait s'&#233;tendre &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'aide &#233;trang&#232;re et &#224; notre capacit&#233; &#224; nous en passer &#8212; mais au prix de r&#233;formes drastiques et g&#233;n&#233;ralis&#233;es de la fiscalit&#233; et du foncier ; le reste n'est que mesurettes &#224; l'aune des enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'asym&#233;trie des temporalit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; tout cela s'ajoute une derni&#232;re et cruelle asym&#233;trie : celle des temporalit&#233;s. Le geste russe produit un effet imm&#233;diat et photog&#233;nique &#8212; la poign&#233;e de main au Kremlin, le d&#233;fil&#233; de blind&#233;s, la c&#233;r&#233;monie de remise de mat&#233;riel. Il occupe l'espace m&#233;diatique le jour m&#234;me. Une politique &#233;nerg&#233;tique, un syst&#232;me &#233;ducatif refond&#233;, une r&#233;forme fiscale ne produisent leurs fruits que sur dix ou vingt ans &#8212; largement apr&#232;s la fin, probable et parfois brutale, du mandat de celui qui l'aurait engag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le court-termisme ne rel&#232;ve donc pas seulement d'une paresse intellectuelle des dirigeants successifs. &lt;strong&gt;C'est un calcul rationnel&lt;/strong&gt; &#8212; une &#233;conomie de la survie : pourquoi investir dans un b&#233;n&#233;fice qu'on ne r&#233;coltera jamais soi-m&#234;me, quand on peut engranger tout de suite les dividendes symboliques d'un geste spectaculaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au Sahel, o&#249; la menace jihadiste impose &#8212; m&#234;me mal, m&#234;me &#224; contretemps &#8212; un minimum d'arbitrage strat&#233;gique parce que l'&#233;chec s'y paie en pertes de territoire imm&#233;diates, Madagascar n'a pas d'ennemi ext&#233;rieur qui vienne sanctionner l'improvisation &#224; court terme. Ce vide s&#233;curitaire, loin d'&#234;tre une chance, est un pi&#232;ge : il laisse le champ libre &#224; une diplomatie de posture, o&#249; l'on peut se permettre l'incoh&#233;rence &#8212; Russie, France, Chine, &#201;tats-Unis courtis&#233;s simultan&#233;ment et sans ligne directrice &#8212; pr&#233;cis&#233;ment parce que rien, &#224; court terme, ne vient punir cette absence de vision.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le carburant, cas d'&#233;cole&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pivot russe n'est pas le seul r&#233;v&#233;lateur de ce travers. Le FMI vient de suspendre un d&#233;caissement de 189 millions de dollars, faute d'ajustement du prix de l'essence par la junte Randrianirina &#8212; un m&#233;canisme d'alignement automatique lanc&#233; en janvier 2025 avait pourtant d&#233;bloqu&#233; 101 millions sans accroc. Il a suffi d'un &#171; &#233;tat d'urgence &#233;nerg&#233;tique &#187; pour le suspendre et geler le d&#233;caissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le reniement d'un engagement d&#233;j&#224; tenu, pas un simple retard : la cr&#233;dibilit&#233; de la conditionnalit&#233; y perd pour le FMI, la survie politique imm&#233;diate y gagne pour une junte n&#233;e d'une contestation sur le co&#251;t de la vie&#8230; et les partenaires alternatifs &#8212; la Russie en t&#234;te &#8212; en sortent grands gagnants indirects. Cas d'&#233;cole du temps du survivant : sacrifier un gain diff&#233;r&#233; pour &#233;viter un co&#251;t (social) imm&#233;diat. Mais le coup d'apr&#232;s, c'est quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colonel Randrianirina n'invente donc rien. Il rejoue, avec des partenaires diff&#233;rents et sur des dossiers distincts, la m&#234;me dramaturgie du geste imm&#233;diat que ces chroniques d&#233;crivaient d&#233;j&#224; &#224; propos du tourisme de prestige, des projets pharaoniques de girafes sur le Tampoketsa et des &#171; Miami sur Pangalanes &#187; annonc&#233;s sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question n'est jamais &#171; la Russie est-elle un bon choix ? &#187;. Elle est : tant que la structure d'incitation du pouvoir malgache r&#233;compensera le survivant et jamais le b&#226;tisseur, quel partenaire, quel qu'il soit, pourrait faire une diff&#233;rence ? C'est cette question &#8212; celle de la structure, non celle du partenaire &#8212; que les trois volets qui suivent tenteront de d&#233;rouler jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 2 Ao&#251;t 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20469750886a7fb685da1528.18710168&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>TF1 : une photo fake qui fait des vagues</title>
		<link>https://concours.madagascar-tribune.com/TF1-une-photo-fake-qui-fait-des.html</link>
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		<dc:creator>Demokraty</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le colonel Randrianirina avait admis il y a quelques mois que la communication de la Pr&#233;sidence de la Refondation de la R&#233;publique de Madagascar (PRRM) pr&#233;sentait des lacunes. Les services concern&#233;s lui ont donn&#233; une nouvelle occasion de le constater hier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Durant le week-end, des plaisantins avaient commenc&#233; &#224; partager une photo-montage qui a fait le buzz dans la sph&#232;re Facebook &#224; Madagascar : sur une capture d'&#233;cran d'une &#233;mission de TF1, ils avaient ins&#233;r&#233; une photo des mpiandry en train (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le colonel Randrianirina avait admis il y a quelques mois que la communication de la Pr&#233;sidence de la Refondation de la R&#233;publique de Madagascar (PRRM) pr&#233;sentait des lacunes. Les services concern&#233;s lui ont donn&#233; une nouvelle occasion de le constater hier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://concours.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/758691023_1023722720403501_4947927893644816319_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH282/758691023_1023722720403501_4947927893644816319_n-2b286.jpg?1785218217' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Durant le week-end, des plaisantins avaient commenc&#233; &#224; partager une photo-montage qui a fait le buzz dans la sph&#232;re Facebook &#224; Madagascar : sur une capture d'&#233;cran d'une &#233;mission de TF1, ils avaient ins&#233;r&#233; une photo des mpiandry en train de chasser les d&#233;mons lors du culte de vendredi dernier sur le parvis de l'H&#244;tel de ville. Puis, ils ont plac&#233; le sous-titre suivant : &#192; Madagascar, le gouvernement a choisi de chasser les d&#233;mons comme solution &#187; (photo).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image s'est tr&#232;s rapidement propag&#233;e, attirant la sympathie des frustr&#233;s par le pouvoir actuel et irrit&#233;s de l'immixtion du religieux dans les affaires de l'&#201;tat. Toutefois, les op&#233;rations de d&#233;mystification (&lt;i&gt;debunk&lt;/i&gt; dans le langage des r&#233;seaux sociaux) se sont multipli&#233;es sur Facebook, pour d&#233;montrer que ce montage n'&#233;tait qu'un canular. Des internautes ont ainsi retrouv&#233; l'original de la photo retouch&#233;e qui remontait &#224; septembre 2024, tandis que d'autres ont rep&#233;r&#233; des zones floues qui d&#233;montraient la superposition d'images de r&#233;solutions diff&#233;rentes. Plusieurs Facebookers sont &#233;galement all&#233;s scruter les archives r&#233;centes de TF1 pour v&#233;rifier l'existence d'une telle s&#233;quence. Ceux qui ont fait un minimum d'efforts pour recouper l'information ont donc tr&#232;s rapidement trouv&#233; la r&#233;ponse : un &lt;i&gt;fake&lt;/i&gt; de chez faux, mais qui a paru cr&#233;dible &#224; ceux qui n'avaient ni le temps, ni l'envie, et encore moins la capacit&#233; de v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services de la communication du PRRM ont donc r&#233;agi &#224; cette mauvaise blague en partageant &#224; la presse hier vers 14 :26 un communiqu&#233; intitul&#233; &#171; TF1 sur Madagascar : Une insulte au christianisme ! &#187;. Nous n'avons pas voulu commenter ce texte, et nous avons demand&#233; &#224; ChatGPT d'agir en tant qu'enseignant en journalisme pour l'&#233;valuer. Voici sa r&#233;ponse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Cet article d&#233;fend une position claire, mais il ne r&#233;pond pas aux standards d'un journal s&#233;rieux. Son principal d&#233;faut r&#233;side dans la confusion entre &#233;ditorial, r&#233;quisitoire politique et accusation personnelle. Le texte rel&#232;ve utilement une possible erreur factuelle de TF1 : le culte aurait &#233;t&#233; organis&#233; par le FFKM, et non par le gouvernement. Cet &#233;l&#233;ment aurait d&#251; constituer le c&#339;ur d'une d&#233;monstration document&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, le propos perd rapidement en cr&#233;dibilit&#233; par son vocabulaire injurieux : &#171; ignorante &#187;, &#171; b&#234;tement &#187;, &#171; lui faire entrer dans le cr&#226;ne &#187;. L'affirmation selon laquelle certains journalistes fran&#231;ais seraient r&#233;mun&#233;r&#233;s par les services de renseignement est extr&#234;mement grave et n'est &#233;tay&#233;e par aucune preuve. Elle exposerait une r&#233;daction &#224; un risque juridique important. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'argument selon lequel les Malagasy seraient &#171; profond&#233;ment chr&#233;tiens, depuis toujours &#187; est historiquement excessif et insuffisamment nuanc&#233;. Enfin, le titre promet une &#171; insulte au christianisme &#187;, alors que le contenu &#233;tablit surtout une erreur d'interpr&#233;tation et d'attribution. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#234;tre publiable, l'article devrait v&#233;rifier pr&#233;cis&#233;ment la s&#233;quence de TF1, citer les sources, distinguer faits et opinions et supprimer toute attaque personnelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Note universitaire : 8/20 &#8212; sujet pertinent et angle identifiable, mais m&#233;thode, neutralit&#233;, argumentation et d&#233;ontologie insuffisantes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des m&#233;dias ayant pignon sur rue se sont pourtant pr&#233;cipit&#233;s pour reprendre ce communiqu&#233;, avant de faire piteusement marche arri&#232;re. Il faut se poser une question : pourquoi des fonctionnaires aussi exp&#233;riment&#233;s et prompts &#224; donner des le&#231;ons de professionalisme et de d&#233;ontologie &#224; la presse, choisissent-ils de discr&#233;diter ainsi la Pr&#233;sidence de la Refondation en diffusant un vrai communiqu&#233; pour r&#233;pliquer &#224; une fausse image. Suivant leur formule pr&#233;f&#233;r&#233;e de la Refondation, le Directeur de la communication de la PRRM devrait prendre des mesures (&lt;i&gt;mandray fepetra&lt;/i&gt;) contre ceux qui ont initi&#233;, r&#233;dig&#233; et diffus&#233; ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette allure, il n'est pas &#233;tonnant de constater la propagation de rumeurs dans le pays, si m&#234;me les services &#233;tatiques sont incapables d'un recoupement basique. On esp&#232;re que ce n'est pas le fruit de ces formations de journalistes et d'influenceurs du c&#244;t&#233; de l'Oural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le communiqu&#233; sur l'insulte au christianisme &#233;tait plut&#244;t une insulte au journalisme. De nos jours, il est si facile pour n'importe qui de faire des montages photos (exemple ci-apr&#232;s, avec un remontage du montage qui a pris deux minutes). C'est pour cela que Victor Hugo avait averti qu'il ne faut pas croire tout ce que l'on voit sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://concours.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/akoho.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH283/akoho-17770.jpg?1785218217' width='500' height='283' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20469750886a7fb685da1528.18710168&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Flirt pouss&#233; entre politique et religion : conviction ou folklore ?</title>
		<link>https://concours.madagascar-tribune.com/Flirt-pousse-entre-politique-et.html</link>
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		<dc:date>2026-07-25T05:57:14Z</dc:date>
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		<dc:creator>Demokraty</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dieu merci, les mpiandry ont donc chass&#233; les devoly hier lors d'un folklore &#233;vang&#233;lique bien &#233;trange dans une r&#233;publique la&#239;que. On esp&#232;re que cette fois-ci sera la bonne, car on les a d&#233;j&#224; vus chasser les d&#233;mons &#224; Mahazoarivo en 2002, &#224; Ambohitsorohitra en 2009, &#224; Iavoloha en 2025. Depuis le temps qu'on voit les mpiandry s'agiter de cette mani&#232;re, les tares et les tar&#233;s de la classe politique sont pourtant toujours dans les parages. &#192; d&#233;faut de sagesse, il faut donc avoir le courage de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dieu merci, les &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; ont donc chass&#233; les &lt;i&gt;devoly&lt;/i&gt; hier lors d'un folklore &#233;vang&#233;lique bien &#233;trange dans une r&#233;publique la&#239;que. On esp&#232;re que cette fois-ci sera la bonne, car on les a d&#233;j&#224; vus chasser les d&#233;mons &#224; Mahazoarivo en 2002, &#224; Ambohitsorohitra en 2009, &#224; Iavoloha en 2025. Depuis le temps qu'on voit les &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; s'agiter de cette mani&#232;re, les tares et les tar&#233;s de la classe politique sont pourtant toujours dans les parages. &#192; d&#233;faut de sagesse, il faut donc avoir le courage de m&#233;diter sur les paroles d'Einstein : &#171; La folie, c'est de faire toujours la m&#234;me chose et de s'attendre &#224; un r&#233;sultat diff&#233;rent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sans verser dans l'id&#233;ologie marxiste, on sait que la religion est l'opium du peuple. Cela lui permet d'oublier ses difficult&#233;s quotidiennes, dans l'espoir de lendemains meilleurs dans un &#233;ventuel paradis c&#233;leste. Le fatalisme que cela g&#233;n&#232;re est bien utile aux dirigeants, car cela favorise le calme au milieu de la temp&#234;te. Rappelons aussi qu'un dicton bien de chez nous enseigne que certains prient le dimanche puis sont voleurs de poules le lundi. La sagesse voudrait donc que l'on nourrisse une certaine m&#233;fiance envers les pharisiens des temps modernes qui affichent leur religiosit&#233; comme un totem d'immunit&#233;, voire d'impunit&#233;. La religion sert de vitrine aux personnages publics, mais ce qui se cache derri&#232;re n'est pas toujours reluisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On esp&#232;re donc pour tous les &lt;i&gt;m'as-tu-vu &lt;/i&gt; d'hier sur la place du 13 mai qu'on peut leur donner le bon Dieu sans confession. Cette manifestation a rappel&#233; le style des &lt;i&gt;forongony&lt;/i&gt; et de leurs bondieuseries sous Rajoelina : les manifestations religieuses au stade Barea ; l'illumin&#233; Rija Rasolondraibe qui a pr&#233;tendu que Dieu avait d&#233;j&#224; parl&#233; &#224; l'ancien DJ avant de lui confier les destin&#233;es de Madagascar ; le fantasque Hery Rasoamaromaka qui est all&#233; pleurnicher dans la robe du Pr&#233;sident de l'Eglise protestante FJKM pour se plaindre d'une pr&#233;dication de son adjoint ; les s&#233;ances de pri&#232;res de Christine Razanamahasoa au minist&#232;re de la Justice ou &#224; l'Assembl&#233;e nationale ; Lalatiana Rakotondrazafy (organisatrice d'une cellule de pri&#232;re hebdomadaires &#224; Andohalo) se prenant en vid&#233;o en train de chanter (faux) &#034;tsy izay lazain'ny olona Jesosy&#034; lors d'un concert &#233;vang&#233;lique ; et m&#234;me ce projet de Palais des louanges que Rajoelina avait l'intention de b&#226;tir avec le plus haut clocher dans l'Oc&#233;an indien. Il paraitrait m&#234;me que sa soeur et sa m&#232;re seraient fortement impliqu&#233;es dans des sectes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant&#8230; toutes ces gesticulations religieuses de Rajoelina et de ses proches n'ont pas emp&#234;ch&#233; des &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; de soutenir le coup d'&#201;tat de 2009. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; Rajoelina et son clan au pouvoir d'aligner des scandales de corruption, de Mamy Ravatomanga &#224; Herilaza Imbiky, en passant par l'affaire des &#233;crans plats ou l'arrestation de Romy Voos. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; des histoires de m&#339;urs dissolues impliquant des hi&#233;rarques du pouvoir. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; des centaines de milliards d'ariary et 400 v&#233;hicules de dispara&#238;tre, selon le rapport de la Cour des comptes. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'habit ne fait pas le moine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de pi&#233;t&#233; des politiciens malgaches, l'exp&#233;rience vaut donc science. Le pass&#233; permet d'&#233;clairer le pr&#233;sent et d'anticiper l'avenir. M&#234;ler politique et religion n'est ni sain, ni raisonnable, et encore moins constitutionnellement acceptable. Ce dont Madagascar a besoin, ce n'est pas d'une arm&#233;e de bigots et des s&#233;ances de pri&#232;res, mais de magistrats int&#232;gres, de fonctionnaires non corrompus, de dirigeants conscients du caract&#232;re sacr&#233; de leur fonction, d'autorit&#233;s et citoyens attach&#233;s &#224; l'&#201;tat de droit, d'entreprises qui payent leurs imp&#244;ts, de ministres qui &#339;uvrent r&#233;ellement pour le bien de leurs concitoyens etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion peut-elle aider &#224; aller vers ces objectifs ? Th&#233;oriquement, la r&#233;ponse est oui. Mais quand on regarde le nombre d'Eglises, de sectes, de pasteurs de ceci et de r&#233;v&#233;rends ou bishops de cela depuis des d&#233;cennies, force est de constater que cela n'a rien fait pour am&#233;liorer la situation g&#233;n&#233;rale du pays. Ces salades ne servent donc pas &#224; grand chose, si ce n'est &#224; aider les Malgaches &#224; subir l'incomp&#233;tence et le manque d'int&#233;grit&#233; des dirigeants avec sto&#239;cisme, et &#224; faire b&#233;n&#233;ficier les pasteurs de sectes de d&#238;mes cons&#233;quentes. Mais jusqu'&#224; preuve du contraire, on n'a pas encore vu de r&#233;sultats concrets sur la vie du pays, qu'il s'agisse du niveau de PIB, de l'Indice de perception de la corruption, ou des valeurs civiques et citoyennes dans la population. On a m&#234;me l'impression que les indicateurs empirent au fur et &#224; mesure que les politiciens poussent leur flirt avec la religion. De quoi se demander si, dans ses espoirs syst&#233;matiquement d&#233;&#231;us, le &lt;i&gt;vahoaka&lt;/i&gt; va &#234;tre r&#233;duit &#224; faire le &lt;i&gt;mpiandry an'i Paoly&lt;/i&gt; ? L'experience rwandaise d'interdiction d'exercice &#224; des pasteurs sans formation th&#233;ologique doit nous inspirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi est une bonne chose, la religion &#233;galement. Mais elles ne doivent pas &#234;tre instrumentalis&#233;es &#224; des fins politiques, ou servir de pr&#233;texte &#224; un obscurantisme moyenn&#226;geux. Ce qui pr&#233;c&#232;de n'est donc pas une remise en cause de ces sujets relevant de la libert&#233; individuelle, mais un n&#233;cessaire recadrage de leur place dans une r&#233;publique la&#239;que. Laisser le Conseil chr&#233;tien des &#201;glises (FFKM) avoir autant de place dans la vie nationale, comme lors du culte d'hier, c'est oublier que tous les Malgaches ne sont pas croyants, et que tous les croyants ne sont pas chr&#233;tiens. D'ailleurs, une religion import&#233;e ne peut &#234;tre qu'une r&#233;miniscence de colonisation culturelle et cultuelle : &#224; l'heure de la Refondation, on se serait attendu &#224; plus d'int&#233;r&#234;t des autorit&#233;s envers les formes traditionnelles de religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Demokraty&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;mocratie. &#201;tat de Droit. La&#239;cit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20469750886a7fb685da1528.18710168&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Madagascar, le peuple qui, avant, n'existait nulle part</title>
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		<dc:date>2026-07-23T04:53:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ou &#171; Il est temps de reprendre l'&#233;criture &#8212; et la lecture &#8212; de notre histoire &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Abstract : Nous sommes l'un des plus jeunes peuples de la Terre, et l'un des rares n&#233;s de deux mondes que tout s&#233;parait : l'Asie insulaire et l'Afrique, r&#233;unies sur une m&#234;me &#238;le il y a &#224; peine quinze si&#232;cles. De ce brassage, nous avons fait un peuple &#8212; fabriqu&#233; ici, de toutes pi&#232;ces. Mais on nous a appris &#224; nous lire autrement : par vagues et par rangs, Asiatiques en haut, Africains en bas. Ce mythe n'est pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_510x340-68586.jpg?1784782386' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ou &lt;i&gt;&#171; Il est temps de reprendre l'&#233;criture &#8212; et la lecture &#8212; de notre histoire &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abstract : Nous sommes l'un des plus jeunes peuples de la Terre, et l'un des rares n&#233;s de deux mondes que tout s&#233;parait : l'Asie insulaire et l'Afrique, r&#233;unies sur une m&#234;me &#238;le il y a &#224; peine quinze si&#232;cles. De ce brassage, nous avons fait un peuple &#8212; fabriqu&#233; ici, de toutes pi&#232;ces. Mais on nous a appris &#224; nous lire autrement : par vagues et par rangs, Asiatiques en haut, Africains en bas. Ce mythe n'est pas une erreur, c'est une arme politique. Enqu&#234;te sur un r&#233;cit d'origine forg&#233; pour nous diviser &#8212; et qu'il est temps de reprendre en main.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH647/illustration-10-97c44.jpg?1784782386' width='500' height='647' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tendance &#224; l'oublier&#8230; et cet oubli nous co&#251;te probablement tr&#232;s cher : le peuple malgache est l'un des plus jeunes de la Terre&#8230; C'est aussi l'un des rares n&#233;s de deux mondes que tout s&#233;parait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la plupart des peuples se forment du m&#233;lange de voisins, le Malgache na&#238;t d'une double travers&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, l'Asie insulaire : des navigateurs austron&#233;siens de Born&#233;o, cousins des Ma'anyan, franchissant l'oc&#233;an Indien en pirogue &#224; balancier, il y a peut-&#234;tre quinze si&#232;cles. De l'autre c&#244;t&#233;, l'Afrique : des populations bantoues venues par le canal du Mozambique, rejointes par les apports arabo-swahilis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux rives&#8230; deux oc&#233;ans&#8230; un seul peuple&#8230; fabriqu&#233; ici&#8230; tard&#8230; et de toutes pi&#232;ces. Cette &#233;vidence, qui devrait &#234;tre notre fiert&#233; la plus tranquille, on nous en a soigneusement d&#233;tourn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la place, on nous a racont&#233; l'histoire inverse : celle des vagues et des rangs. Des Asiatiques d'abord, plus clairs, plus &#171; civilis&#233;s &#187;, install&#233;s sur les Hautes Terres. Des Africains ensuite, plus fonc&#233;s, refoul&#233;s vers les c&#244;tes. Chacun &#224; sa place, chacun &#224; son &#233;tage &#8212; comme si le brassage n'avait jamais eu lieu, et comme si l'ordre d'arriv&#233;e d&#233;cidait, encore aujourd'hui, de qui prime sur qui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit-l&#224;, commode, n'est pas tomb&#233; du ciel. Il a une g&#233;n&#233;alogie&#8230; Et cette g&#233;n&#233;alogie est politique de bout en bout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Anatomie d'un mensonge utile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re main &#224; &#233;crire ce r&#233;cit a &#233;t&#233; malgache. Avant m&#234;me les Europ&#233;ens, la monarchie de l'Imerina ne s'est pas content&#233;e de hi&#233;rarchiser &#8212; toute soci&#233;t&#233; politique le fait. Mais elle a fait plus &#8230; et de mani&#232;re plus lourde de cons&#233;quences : elle a justifi&#233; le rang par l'origine a&lt;i&gt;ndriana, hova, andevo&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;fotsy&lt;/i&gt; contre &lt;i&gt;mainty&lt;/i&gt;&#8230;, et elle a adoss&#233; la pr&#233;&#233;minence de son &#233;lite au mythe d'une souche sup&#233;rieure &#171; venue d'ailleurs &#187;&#8230; tandis que les &lt;i&gt;Vazimba&lt;/i&gt;, ces &#171; premiers habitants &#187; qu'on aurait supplant&#233;s / d&#233;cim&#233;s, servaient &#224; l&#233;gitimer l'ordre par l'ant&#233;riorit&#233; et la conqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la hi&#233;rarchie qui nous a divis&#233;s&#8230; c'est cette habitude de lire le rang dans l'origine&#8230; C'est cette grammaire que le colonisateur n'aura plus qu'&#224; durcir et &#224; &#171; prouver &#187; au compas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'une souche plus noble &#171; venue d'ailleurs &#187; est donc, pour une part, endog&#232;ne. Nous nous sommes divis&#233;s nous-m&#234;mes avant qu'on ne nous divise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis arrivent les missionnaires britanniques de la London Missionary Society, qui travaillent main dans la main avec cette aristocratie des Hautes Terres. En &#233;tablissant, &#224; juste titre, la parent&#233; linguistique austron&#233;sienne de notre langue, ils offrent une caution savante &#224; un classement social : l'&#233;lite qu'ils fr&#233;quentaient, plus claire, se trouvait rattach&#233;e &#224; une lign&#233;e asiatique &#171; distincte &#187; des peuples c&#244;tiers. La linguistique, qui disait vrai, s'est alors mise au service d'un pr&#233;jug&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis vient la main coloniale&#8230; la plus lourde. L'&#339;uvre monumentale d'Alfred Grandidier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alfred Grandidier &#8212; Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avec ses classifications ethnographiques relay&#233;es opportun&#233;ment par l'administration, fige la population malgache en une vingtaine de &#171; tribus &#187; aux fronti&#232;res nettes (Merina, Betsileo, Sakalava&#8230;). Mais Grandidier et l'administration ne d&#233;crivent pas des groupes pr&#233;existants aux identit&#233;s en r&#233;alit&#233; fluides et m&#234;l&#233;es &#8212; ils les &lt;i&gt;cr&#233;ent&lt;/i&gt;&#8230; souvent pour les besoins du recensement et du gouvernement colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Gallieni transforme cet outil en instrument de gouvernement. Sa &lt;strong&gt;politique des races&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La politique des races de Gallieni (gouverneur g&#233;n&#233;ral de 1896 &#224; 1905) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a fait tr&#232;s exactement ce que son nom annon&#231;ait : apr&#232;s avoir bris&#233; l'h&#233;g&#233;monie merina, elle r&#233;ifia la cat&#233;gorie &#171; c&#244;tiers &#187;&#8230; pour dresser les p&#233;riph&#233;ries contre le centre. Diviser pour r&#233;gner exige des fronti&#232;res ethniques stables ; l'administration les fabrique, m&#232;tre-ruban et compas cr&#226;nien &#224; l'appui, &lt;i&gt;dolichoc&#233;phales&lt;/i&gt; contre &lt;i&gt;brachyc&#233;phales&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le vocabulaire de l'anthropologie raciale de l'&#233;poque, qui pr&#233;tendait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans le grand d&#233;lire classificatoire de l'&#233;poque. Le mod&#232;le en mille-feuille &#8212; les Asiatiques dessus, les Africains dessous &#8212; n'est pas une lecture de notre pass&#233; : c'est une &lt;strong&gt;grille de commandement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qu'il faut nommer, sans d&#233;tour : le r&#233;cit dominant de nos origines n'est pas un r&#233;sum&#233; neutre du savoir. Il s&#233;lectionne, arrange et hi&#233;rarchise les donn&#233;es au service d'un int&#233;r&#234;t &#8212; hier l&#233;gitimer une aristocratie ou un pouvoir colonial, aujourd'hui nourrir des rivalit&#233;s &#233;lectorales. Un projet politique d&#233;guis&#233; en savoir objectif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;coupler l'origine de la hi&#233;rarchie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'on m'entende bien : il ne s'agit pas de nier les briques du r&#233;cit. La parent&#233; avec le ma'anyan de Born&#233;o est r&#233;elle. Le fond bantou l'est tout autant. La g&#233;n&#233;tique elle-m&#234;me &#8212; l'&#233;tude, souvent cit&#233;e, qui sugg&#232;re une poign&#233;e de fondatrices &#224; l'origine de la population &#8212; confirme le double apport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diversit&#233; de nos origines est notre patrimoine ; le classement de ces origines est une greffe &#233;trang&#232;re &#8212; aristocratique, puis coloniale. Et le seul h&#233;ritage vraiment allog&#232;ne que nous portons encore, ce n'est pas le sang asiatique ni le sang africain : c'est la hi&#233;rarchie qu'on a plaqu&#233;e sur notre brassage pour mieux nous tenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien Pier Larson&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;History and Memory in the Age of Enslavement : Becoming Merina in Highland (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a montr&#233;, que l'identit&#233; &#171; merina &#187; elle-m&#234;me, et la standardisation de notre langue, sont en grande partie des produits de l'&#232;re de la traite et de la &#171; cr&#233;olisation &#187; : des populations d'origine diverse, brutalement mises en contact dans le cadre de l'esclavage, y ont produit une culture et une identit&#233; nouvelles. Le groupe suppos&#233; &#171; le plus pur &#187; et &#171; le plus ancien &#187; n'est donc pas une essence primordiale surgie du fond des &#226;ges, mais lui aussi une construction r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe, en amont, aucun peuple ant&#233;rieur et intact dont on pourrait r&#233;clamer l'h&#233;ritage exclusif&#8230; Et toc !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que le mensonge nous cache&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On touche ici au plus grave : cette rivalit&#233; ethnique &lt;strong&gt;fabriqu&#233;e&lt;/strong&gt; n'est pas seulement fausse, elle est &lt;strong&gt;utile&lt;/strong&gt; &#224; qui veut d&#233;tourner notre regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;tendre d&#233;passer la fausse guerre merina/c&#244;tiers, ce n'est surtout pas demander &#224; quiconque d'oublier les injustices bien r&#233;elles. C'est bien l'inverse : c'est comprendre que le r&#233;cit ethnique est pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;cran de fum&#233;e qui nous emp&#234;che de les voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme, on le conna&#238;t : quand une crise &#233;clate &#8212; accaparement des terres, mis&#232;re d'une r&#233;gion, captation d'un march&#233; public &#8212;, on nous la pr&#233;sente comme un vieil antagonisme entre Merina et c&#244;tiers. L'indignation se d&#233;tourne alors vers l'ethnie : on cherche le coupable dans &#171; l'autre groupe &#187; plut&#244;t que dans le syst&#232;me qui produit l'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce syst&#232;me n'a pas de couleur. &lt;strong&gt;L'oligarchie qui capte la rente se recrute aussi bien sur les Hautes Terres que sur les c&#244;tes&lt;/strong&gt; ; le centralisme qui &#233;touffe les r&#233;gions sert des int&#233;r&#234;ts, pas une &#171; race &#187;. Mais tant que la col&#232;re reste capt&#233;e par le clivage ethnique, elle ne remonte jamais jusqu'&#224; sa vraie cause : le peuple se divise horizontalement &#8212; r&#233;gion contre r&#233;gion &#8212; au lieu de regarder verticalement, vers ceux qui gouvernent et profitent. Le r&#233;cit ethnique occupe le regard, d&#233;signe de faux adversaires, prot&#232;ge les vrais b&#233;n&#233;ficiaires. D&#233;noncer les fausses rivalit&#233;s d'origine, ce n'est donc pas minimiser les injustices : c'est &#233;carter le rideau qui les dissimule, pour enfin les combattre l&#224; o&#249; elles se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que nous lisons 1972, 2002, 2009, 2025 comme un affrontement de &#171; races &#187; malgaches, nous ne verrons pas les v&#233;ritables lignes de fracture. Les in&#233;galit&#233;s de d&#233;veloppement entre le centre et les p&#233;riph&#233;ries sont un fait ; elles n'ont pas besoin de l'alibi ethnique, elles n'en ont m&#234;me que faire. L'ethnie est le d&#233;guisement que rev&#234;t la lutte pour la rente pour se faire passer pour une fatalit&#233; ancestrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;approprier la v&#233;rit&#233; de notre peuplement a donc un b&#233;n&#233;fice tr&#232;s concret : en retirant l'alibi, on rend enfin visibles les vraies fractures. Ce n'est pas un apaisement de fa&#231;ade. C'est un d&#233;sarmement &#8212; celui du meilleur &#233;cran des puissants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Reprendre la plume, et le regard&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste une derni&#232;re question, qui les r&#233;sume toutes : qui a &#233;crit cette histoire ? La LMS, Grandidier, l'administration coloniale, la craniom&#233;trie. D'autres, presque toujours, et pour des raisons qui n'&#233;taient pas les n&#244;tres. Nous nous sommes pens&#233;s, pendant plus d'un si&#232;cle, dans des cat&#233;gories forg&#233;es pour &#234;tre gouvern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croit d'ordinaire qu'un pays devient souverain le jour o&#249; il obtient son drapeau, sa monnaie, son si&#232;ge aux Nations unies. Ce sont l&#224; les signes visibles de l'ind&#233;pendance ; ils ne suffisent pas. Il existe une souverainet&#233; plus profonde, et plus difficile &#224; conqu&#233;rir : celle du r&#233;cit &#8212; le pouvoir de dire soi-m&#234;me qui l'on est, d'o&#249; l'on vient, ce que l'on a &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car un peuple ne se d&#233;finit pas seulement par un territoire, mais par l'histoire qu'il se raconte. Cette histoire &#233;tablit qui appartient &#224; la nation et qui lui est &#233;tranger, qui a le droit de gouverner et au nom de quoi, ce dont on doit &#234;tre fier et ce dont on doit avoir honte. Celui qui l'&#233;crit tient, en r&#233;alit&#233;, les cl&#233;s de l'identit&#233; collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce r&#233;cit, nous ne l'avons pas &#233;crit : il fut r&#233;dig&#233; pour nous tenir &#8212; pour nous diviser en tribus, nous hi&#233;rarchiser, nous rendre plus faciles &#224; administrer. Nous avons h&#233;rit&#233; d'un pays dont l'acte de naissance porte la main m&#234;me qui voulait le poss&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rabaisser le drapeau colonial ne suffit pas si l'on continue de se penser dans les cat&#233;gories que le colonisateur a forg&#233;es. Tant que nous nous lisons avec sa grille &#8212; vagues, rangs, races &#8212;, une part de notre esprit reste colonis&#233;e&#8230; quand bien m&#234;me le territoire ne l'est plus. La v&#233;ritable ind&#233;pendance exige donc ce dernier geste, le plus intime : reprendre la plume, et r&#233;&#233;crire nous-m&#234;mes notre commencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes le peuple qui n'existait nulle part. C'est la plus solide des fondations : nul ne peut nous renvoyer &#171; chez nous &#187;, car il n'y a pas d'ailleurs &#8212; il n'y a que cette &#238;le, et ce que nous y avons fait ensemble. Il ne tient qu'&#224; nous de le relire, et de le r&#233;&#233;crire, enfin de notre propre main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il est ais&#233; de d&#233;noncer un mensonge, il est autrement plus exigeant de (re)b&#226;tir la v&#233;rit&#233; qui doit en prendre la place. La nature a horreur du vide&#8230; Si nous nous contentons de dire &#171; le r&#233;cit des vagues et des rangs est faux &#187;, sans rien construire &#224; sa suite, il reviendra &#8212; car il est d&#233;j&#224; l&#224;, dans les manuels, dans les blagues, dans les r&#233;flexes &#233;lectoraux, dans la bouche des a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se r&#233;approprier notre histoire n'est pas un acte de d&#233;molition. C'est un chantier. Et tout chantier commence par des fondations, des outils, des mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(on en parlera dans les prochaines chroniques de Rafetsy)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Juillet 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20469750886a7fb685da1528.18710168&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alfred Grandidier &#8212; &lt;i&gt;Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La politique des races&lt;/i&gt; de Gallieni (gouverneur g&#233;n&#233;ral de 1896 &#224; 1905) consistait &#224; administrer chaque &#171; race &#187; malgache s&#233;par&#233;ment, selon son pr&#233;tendu caract&#232;re propre, plut&#244;t que comme une nation unie. Un pur &lt;i&gt;diviser pour r&#233;gner&lt;/i&gt;, qui transforma des cat&#233;gories ethniques fluides en r&#233;alit&#233;s administratives fig&#233;es &#8212; et pr&#233;vint ainsi toute r&#233;sistance nationale unifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le vocabulaire de l'anthropologie raciale de l'&#233;poque, qui pr&#233;tendait classer les humains d'apr&#232;s la forme du cr&#226;ne, mesur&#233;e &#224; l'indice c&#233;phalique. Les &lt;i&gt;dolichoc&#233;phales&lt;/i&gt; ont le cr&#226;ne allong&#233; (long d'avant en arri&#232;re), les &lt;i&gt;brachyc&#233;phales&lt;/i&gt; le cr&#226;ne court et large. Les tenants de cette pseudoscience coloniale se servaient de ces mesures pour &#171; prouver &#187; des origines distinctes &#8212; cr&#226;ne allong&#233; &#171; africain &#187; contre cr&#226;ne rond &#171; asiatique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;History and Memory in the Age of Enslavement : Becoming Merina in Highland Madagascar, 1770&#8211;1822&lt;/i&gt;, Heinemann / James Currey / David Philip, coll. &#171; Social History of Africa &#187;, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les chroniques de Rafetsy &#8211; Le mouvement Ady Fototra : reconstruire la confiance</title>
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		<dc:date>2026-06-22T05:57:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cette chronique veut marquer un tournant &#233;ditorial : l&#8216;evolution de Ragidro &#224; Rafetsy&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
De l'observation politiste critique, il s'agit de s'&#233;tendre d&#233;sormais &#224; un souci de diss&#233;quer, valoriser et th&#233;oriser les initiatives, citoyennes en particulier ( les &#171; p&#233;pites &#187; dirait une jeune amie ), jug&#233;es &#224; fort impact. L'&#233;valuation du mouvement Ady Fototra / Move On refl&#232;tera la premi&#232;re illustration de cette ligne &#233;ditoriale : il ne s'agit plus seulement de commenter la crise malgache, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-51-4044a.jpg?1783753807' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette chronique veut marquer un tournant &#233;ditorial : l&#8216;evolution de Ragidro &#224; Rafetsy&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'observation politiste critique, il s'agit de s'&#233;tendre d&#233;sormais &#224; un souci de diss&#233;quer, valoriser et th&#233;oriser les initiatives, citoyennes en particulier ( les &#171; p&#233;pites &#187; dirait une jeune amie ), jug&#233;es &#224; fort impact. L'&#233;valuation du mouvement Ady Fototra / Move On refl&#232;tera la premi&#232;re illustration de cette ligne &#233;ditoriale : il ne s'agit plus seulement de commenter la crise malgache, la soci&#233;t&#233; ou la g&#233;opolitique, mais d'analyser les laboratoires d'ing&#233;nierie sociale qui foisonnent et ici qui fusionnent philosophie endog&#232;ne et modernit&#233; manag&#233;riale pour transformer durablement la Grande &#206;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://concours.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/adyfototra.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/adyfototra-3bc57.jpg?1782107871' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background-color:powderblue;&#034;&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 2018 &#224; Antananarivo, le mouvement Move On se constitue en cellule de coaching et d'incubation, avant de lancer sa premi&#232;re action de terrain en f&#233;vrier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette dynamique na&#238;t &lt;a href=&#034;https://adyfototra.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ady Fototra&lt;/a&gt; &#8212; &#171; la lutte pour les fondations &#187; &#8212;, mouvement citoyen qui se d&#233;ploie autour de trois axes : l'&#233;ducation et le r&#233;armement des consciences (programme Famoha), l'environnement et le reboisement (HETSORO, ROHIAINA), la culture et la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses r&#233;alisations vont du dessalement de l'eau dans l'Androy au soutien &#224; la fili&#232;re vanille de Manakara, des tourn&#233;es &#171; Lecture en Rire &#187;, jusqu'&#224; la sensibilisation civique dans les &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement revendique aujourd'hui dix-huit p&#244;les, des antennes dans une quinzaine de localit&#233;s et une pr&#233;sence diasporique sur cinq pays &#8212; un maillage enti&#232;rement b&#233;n&#233;vole, du Sud aride aux relais de France et des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; quoi un mouvement citoyen n&#233; d'une crise doit-il d'abord s'attaquer ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;pond : &#224; la conscience du citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est forte. Elle affirme qu'aucune transformation durable ne viendra d'institutions que l'on attendrait, immobiles, qu'elles se r&#233;forment d'elles-m&#234;mes. Le changement commence plus bas : dans les comportements, les liens, la capacit&#233; &#224; agir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mal malgache ne tient pas seulement &#224; des consciences assoupies. Il tient aussi &#224; un vide. D'un c&#244;t&#233;, le &lt;i&gt;fanjakana&lt;/i&gt; : un pouvoir trop souvent v&#233;cu comme lointain, ext&#233;rieur, pr&#233;dateur. Le pouvoir du colon hier. Celui des r&#233;seaux et des int&#233;r&#234;ts capt&#233;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre, l'individu&#8230; Et entre les deux un &#171; presque &#187; plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; tenaient autrefois le &lt;i&gt;fihavanana&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;fokonolona&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;dina&lt;/i&gt;, des d&#233;cennies d'anomie en ont d&#233;fait le tissu. Ni l'&#201;tat, ni le march&#233;, ni les partis n'en ont r&#233;ellement rempli l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le vide social n'est jamais neutre. Le clan s'y installe. Le client&#233;lisme s'y nourrit. L'homme providentiel y propose une appartenance pr&#234;te &#224; l'emploi. L'individu isol&#233; devient disponible pour toutes les captures. La solitude est la mati&#232;re premi&#232;re des emprises. Un peuple dispers&#233; se gouverne ais&#233;ment. Un peuple reli&#233; discute, contr&#244;le et r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai probl&#232;me n'est pas qu'on ait &#224; faire face &#224; des consciences &#171; assoupies &#187; &#8230; Le vrai probl&#232;me c'est qu'on ait install&#233; les consciences dans la d&#233;fiance&#8230; Ces consciences o&#249; s'est ancr&#233;e la conviction, acquise &#224; force de d&#233;ceptions, de frustrations que l'autre finira par trahir, que le bien commun sera d&#233;tourn&#233;, que celui qui s'engage poursuit un int&#233;r&#234;t cach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors chacun se retire. Le commun se d&#233;grade, l'espace public se vide. La d&#233;fiance nourrit l'abandon ; l'abandon confirme la d&#233;fiance. Ce cercle n'a rien d'une fatalit&#233; culturelle. Il r&#233;sulte d'une histoire, de rapports de pouvoir, d'institutions ab&#238;m&#233;es et de promesses trop souvent trahies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'Ady Fototra trouve sa raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ne cherche pas &#224; conqu&#233;rir l'&#201;tat. Il tente de (re)construire ce qui manque entre l'&#201;tat et l'individu : un espace o&#249; les citoyens agissent ensemble &#8230; Un moment o&#249; la confiance redevient une exp&#233;rience avant d'&#234;tre un discours. Reconstruire un &#171; nous &#187; n'est pas acqu&#233;rir un suppl&#233;ment d'&#226;me. C'est un acte politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La confiance par la preuve&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La premi&#232;re force&lt;/strong&gt; d'Ady Fototra est de relier ce que les politiques publiques et l'aide au d&#233;veloppement ont tendance &#224; d&#233;couper. &#8230; L'&#233;cole d'un c&#244;t&#233;. L'environnement de l'autre. L'emploi ailleurs. Comme si une communaut&#233; vivait par secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra proc&#232;de autrement. Dans le Sud, restaurer les sols, produire des l&#233;gumes et renforcer l'autonomie alimentaire rel&#232;vent d'un m&#234;me geste. &#192; Tamatave, une action de salubrit&#233; devient un apprentissage &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bien commun existe vraiment lorsqu'il rassemble plusieurs acteurs. C'est ainsi que commence un collectif : non par une proclamation, mais par une t&#226;che partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me force&lt;/strong&gt; : le mouvement ne pr&#233;tend pas transformer les territoires en passant au-dessus d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Androy, il compose avec les autorit&#233;s coutumi&#232;res qui conservent une l&#233;gitimit&#233;. &#192; Betafo, il sollicite les anciens. Dans plusieurs antennes, il travaille avec les structures existantes au lieu de leur substituer un mod&#232;le con&#231;u ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement &#233;choue souvent moins par manque d'id&#233;es que par d&#233;faut d'ancrage. Une solution peut &#234;tre techniquement juste et socialement inop&#233;rante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra cherche &#224; r&#233;-irriguer les formes locales de coop&#233;ration. Il ne s'agit pas d'id&#233;aliser le pass&#233;, mais de reconna&#238;tre que la transformation devient plus solide lorsqu'elle s'appuie sur des l&#233;gitimit&#233;s comprises et reconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me force : le b&#233;n&#233;volat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte o&#249; l'engagement est vite soup&#231;onn&#233; d'&#234;tre int&#233;ress&#233; ou instrumentalis&#233;, donner son temps n'est pas seulement une vertu morale. C'est une preuve. La confiance ne revient pas parce que quelqu'un affirme servir le peuple. Elle revient lorsqu'un comportement co&#251;te quelque chose &#224; celui qui l'adopte, &#224; savoir du temps, de l'&#233;nergie au d&#233;triment de son propre confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#233;n&#233;volat ne r&#232;glera &#233;videmment pas tout. Il ne doit surtout pas devenir un mod&#232;le &#233;conomique permanent. Mais lorsqu'un collectif se constitue de cette mani&#232;re, il envoie un signal puissant : tout n'est pas &#224; vendre, tout engagement ne cache pas une rente. Cet engagement gratuit (d&#233;sint&#233;ress&#233; ?) ouvre une br&#232;che dans le mur la d&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatri&#232;me force : personne ne semble devoir tout commander.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antennes gardent leurs noms, leurs priorit&#233;s, leur mani&#232;re d'agir. Le m&#234;me mouvement peut soutenir la vanille &#224; Manakara, travailler sur l'eau dans le Sud, nettoyer &#224; Tamatave ou d&#233;velopper des actions &#233;ducatives ailleurs. Cette diversit&#233; peut devenir une forme de robustesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation pyramidale concentre la vision, la d&#233;cision et la l&#233;gitimit&#233; au sommet. Elle gagne en lisibilit&#233;, mais devient vuln&#233;rable &#224; la captation. Une organisation en r&#233;seau r&#233;partit le pouvoir. Elle accepte une part de d&#233;sordre, mais rend l'appropriation locale possible. La confiance ne reste plus suspendue &#224; une personnalit&#233; centrale&#8230; elle se consolide entre des personnes qui se voient agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'intuition est juste : le pays ne se reconstruira pas depuis un centre monoc&#233;phale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinqui&#232;me force : la diaspora n'est pas seulement sollicit&#233;e pour financer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convoqu&#233;e (grossi&#232;rement et maladroitement) pour payer, elle reste &#233;videmment &#224; l'ext&#233;rieur&#8230; Invit&#233;e &#224; agir, elle apporte autre chose que de l'argent : des comp&#233;tences, des r&#233;seaux, des d&#233;bouch&#233;s, une capacit&#233; de m&#233;diation. Et elle retrouve surtout une place dans le &#171; nous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part ampielezana ne nie pas l'appartenance. Mais celle-ci s'affaiblit lorsqu'on veut ne la traduire que par des transferts financiers. Impliquer la diaspora dans l'action doit permettre de recoudre une partie de la d&#233;chirure. Le collectif national ne doit pas s'arr&#234;ter aux fronti&#232;res de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra qui relie entre elles ces cinq forces dessine une m&#233;thode et ne se limite pas &#224; enseigner le civisme. Il cr&#233;e des situations o&#249; des personnes coop&#232;rent, se rendent utiles et d&#233;couvrent qu'elles peuvent compter les unes sur les autres&#8230; C'est ainsi que la confiance se reconstruit : par des actes r&#233;p&#233;t&#233;s, visibles et individuellement couteux en termes d'engagement personnel&#8230; On ne d&#233;cr&#232;te pas un peuple. On le tisse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La ligne de cr&#234;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste une tension : il existe deux mani&#232;res de former un collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re consiste &#224; faire ensemble, puis &#224; d&#233;couvrir, dans l'action, que la coop&#233;ration est possible. Cette voie produit de l'autonomie&#8230; chacun apprend &#224; juger, d&#233;cider, prendre sa part et r&#233;pondre de ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde consiste &#224; fixer des r&#232;gles, des valeurs, des engagements, une discipline commune. Les &lt;i&gt;Didy Folo Hafatra&lt;/i&gt; rel&#232;vent de cette logique. Ils donnent un cadre et rendent l'appartenance lisible parce qu'un collectif a en effet besoin de rep&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une charte peut prot&#233;ger l'action et rappeler les exigences&#8230; de probit&#233; et de respect en particulier. Mais le cadre doit caract&#233;riser un appui, un support &#8230; Il ne peut pas et ne doit pas constituer tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance ne peut en effet se commander&#8230; Tout comme l'appartenance ne peut s'ordonner &#8230; On ne convainc pas durablement un citoyen que son pays lui appartient en lui demandant seulement de r&#233;citer les conditionnalit&#233;s d'une bonne conduite qu'on lui aura &#233;dict&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque serait de ramener un probl&#232;me politique (i.e la corruption, la collusion av&#233;r&#233;es et reconnues en d&#233;faillance de l'Etat) &#224; une tare individuelle exprim&#233;e en manque de confiance, de discipline, de volont&#233;&#8230; ou de &#171; bonne mentalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption, la captation des richesses, l'in&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux services publics et la faiblesse de la justice ne rel&#232;vent pas de probl&#232;mes de d&#233;veloppement personnel de l'individu. Et on ne peut pas rendre les citoyens personnellement responsables des tares qu'ils subissent. Je sais : &#171; on a les dirigeants qu'on m&#233;rite &#187; dit l'adage&#8230; La formule, qui a tendance &#224; disculper les politiques, atteint ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force d'Ady Fototra se situe dans l'articulation des deux niveaux : faire grandir l'individu sans absoudre le syst&#232;me &#8230; Restaurer la responsabilit&#233; personnelle sans effacer la responsabilit&#233; publique &#8230; R&#233;habiliter l'effort sans transformer l'injustice en insuffisance morale des victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement des mentalit&#233;s ne pr&#233;c&#232;de pas m&#233;caniquement celui de la gouvernance. Les deux avancent ensemble. Des institutions plus justes rendent la confiance rationnelle. Des citoyens mieux organis&#233;s obligent les institutions &#224; devenir plus justes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra semble le plus convaincant lorsqu'il fait de cette relation une pratique : des personnes agissent, cr&#233;ent du commun, mesurent ce qu'elles peuvent accomplir, puis deviennent plus exigeantes envers elles-m&#234;mes et envers le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vocation n'est donc peut-&#234;tre pas de commander la confiance. Elle est de lui donner des raisons de revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) &#8211; 21/06/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Rafetsy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20469750886a7fb685da1528.18710168&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://adyfototra.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://adyfototra.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Minist&#232;re de l'injustice ?</title>
		<link>https://concours.madagascar-tribune.com/Ministere-de-l-injustice.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://concours.madagascar-tribune.com/Ministere-de-l-injustice.html</guid>
		<dc:date>2026-06-04T04:26:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ikala Paingotra</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Hier, le jour cens&#233; &#234;tre le premier de la Conf&#233;rence nationale a finalement pris la forme d'une simple r&#233;union entre l'Ex&#233;cutif et les chefs d'&#201;glises du FFKM. &#192; son issue, la Pr&#233;sidence de la refondation de la R&#233;publique de Madagascar a publi&#233; un communiqu&#233; sur sa page Facebook, soulignant le r&#244;le d'organisateur qui sera d&#233;volu &#224; la FFKM, et annon&#231;ant qu'un Comit&#233; technique va &#234;tre mis en place pour discuter des d&#233;tails de l'organisation de la Conf&#233;rence nationale. Ce report indique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L453xH300/min_justice_2-2-7f600.jpg?1783753807' class='spip_logo spip_logo_right' width='453' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20679 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://concours.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/716842236_122135773617075432_3414456896468335269_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH304/716842236_122135773617075432_3414456896468335269_n-cb446.jpg?1780547196' width='500' height='304' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-20679 '&gt;&lt;strong&gt;Source : Pr&#233;sidence de la Refondation de la R&#233;publique de Madagascar
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hier, le jour cens&#233; &#234;tre le premier de la Conf&#233;rence nationale a finalement pris la forme d'une simple r&#233;union entre l'Ex&#233;cutif et les chefs d'&#201;glises du FFKM. &#192; son issue, la Pr&#233;sidence de la refondation de la R&#233;publique de Madagascar a publi&#233; un communiqu&#233; sur sa page Facebook, soulignant le r&#244;le d'organisateur qui sera d&#233;volu &#224; la FFKM, et annon&#231;ant qu'un Comit&#233; technique va &#234;tre mis en place pour discuter des d&#233;tails de l'organisation de la Conf&#233;rence nationale. Ce report indique clairement une r&#233;alit&#233; : Madagascar n'est pas pr&#234;te. Quelque part, ce deuxi&#232;me report n'est donc pas une mauvaise chose, &#224; condition que ce soit reculer pour mieux sauter, et ne pas chercher &#224; battre le record de Rajoelina d'une Transition &#224; rallonge de cinq ans. Au stade actuel, le niveau d'impr&#233;paration ne pouvait que mener &#224; une Conf&#233;rence nationale b&#226;cl&#233;e, ce qui aurait &#233;t&#233; pr&#233;judiciable eu &#233;gard aux enjeux, et surtout aux espoirs de trouver des solutions pour mettre fin au cycle de crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233;cessit&#233; de faire de l'&#201;tat de Droit un th&#232;me central.&lt;/strong&gt; Il y a de nombreux th&#232;mes au sujet desquels un dialogue inclusif et sinc&#232;re est une condition&lt;i&gt; sine qua non&lt;/i&gt; &#224; une Conf&#233;rence nationale fructueuse. Parmi ceux-ci, la mise en place d'un v&#233;ritable &#201;tat de Droit doit &#234;tre un axe fondamental. Comment faire en sorte que tous, gouvernants comme gouvern&#233;s, soient assujettis &#224; la Loi ? Cela implique la r&#233;solution de nombreux probl&#232;mes, allant de la corruption du syst&#232;me judiciaire &#224; l'ind&#233;pendance des syst&#232;mes de contr&#244;le, en passant (entre autres) par la protection des lanceurs d'alerte et le renforcement des structures de plainte et de dol&#233;ances contre l'&#201;tat. Sans oublier la sanction des fripouilles du monde judiciaire qui profitent de leur statut ou de leurs r&#233;seaux pour faire emprisonner les gens innocents, quitte &#224; produire de faux certificats m&#233;dicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeu de politique politicienne autour de la HCC. &lt;/strong&gt; La r&#233;cente succession de pol&#233;miques de la Haute cour constitutionnelle (HCC) pose de v&#233;ritables questions sur la capacit&#233; du minist&#232;re de la Justice &#224; faire r&#233;gner l'&#201;tat de Droit et &#224; &#234;tre un mod&#232;le dans ce domaine. Quatre sujets sont particuli&#232;rement pol&#233;miques :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; depuis quelques jours, un groupe de d&#233;put&#233;s man&#339;uvre pour &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Remplacement-conteste-a-la-HCC-les-hauts-conseillers-denoncent-une-demarche.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;remplacer deux juges de la HCC &#233;lus par l'Assembl&#233;e nationale&lt;/a&gt;, au m&#233;pris total des r&#232;gles existantes r&#233;gissant cette juridiction.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; quatre juges de la HCC feraient l'objet de poursuites pour &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/La-Haute-Cour-constitutionnelle-de-nouveau-au-coeur-de-la-tempete.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; complot en vue de d&#233;stabilisation &#187;&lt;/a&gt; pour avoir consid&#233;r&#233; recevable la plainte du d&#233;put&#233; Antoine Rajerison visant &#224; demander la destitution du chef de l'&#201;tat pour des &#171; violations graves et r&#233;p&#233;t&#233;es de la Constitution &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/1799517/politique/la-haute-cour-de-madagascar-rejette-la-demande-de-destitution-du-colonel-randrianirina/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la plainte du d&#233;put&#233; Rajerison a toutefois &#233;t&#233; rejet&#233;e&lt;/a&gt; sous pr&#233;texte qu'un seul d&#233;put&#233; ne peut saisir la HCC. Pourtant, en octobre 2025, celle-ci avait autoris&#233; un seul d&#233;put&#233; &#224; le faire, ouvrant la voie &#224; un adoubement juridique du pouvoir acquis dans la rue.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la ministre de la Justice s'est permis de r&#233;v&#233;ler le secret des d&#233;liberations de la HCC au sujet de la plainte du d&#233;put&#233; Rajerison.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une dictature de la pens&#233;e unique ? &lt;/strong&gt; Ce qui pr&#233;c&#232;de rappelle la pol&#233;mique qui avait d&#233;j&#224; entour&#233; la fausse d&#233;mission ayant servi de pr&#233;texte a&lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/HCC-les-trois-nouveaux-membres.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;u remplacement de trois membres de la HCC il y a quelques mois&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ceci illustre une volont&#233; d'instaurer une dictature de la pens&#233;e unique, en foulant aux pieds l'ind&#233;pendance de la Justice et les dispositions constitutionnelles, &lt;a href=&#034;https://www.mef.gov.mg/dgcf/textes-pdf/constitution/CONSTITUTION-IV.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;qui indiquent en leur article 108&lt;/a&gt; que : &#034;&lt;i&gt;Dans leurs activit&#233;s juridictionnelles, les Magistrats du si&#232;ge, les juges et assesseurs sont ind&#233;pendants et ne sont soumis qu'&#224; la Constitution et &#224; la loi. &#192; ce titre, hors les cas pr&#233;vus par la loi et sous r&#233;serve du pouvoir disciplinaire, ils ne peuvent, en aucune mani&#232;re, &#234;tre inqui&#233;t&#233;s dans l'exercice de leurs fonctions&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La ministre de la Justice critiqu&#233;e par la magistrature. &lt;/strong&gt; Situation suffisamment rare pour &#234;tre signal&#233;e : la ministre Fanirisoa Ernaivo a &#233;t&#233; rappel&#233;e &#224; l'ordre &#224; la fois &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/La-HCC-inflige-un-severe-rappel-a-l-ordre-a-Fanirisoa-Ernaivo.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par la HCC&lt;/a&gt; et par le Syndicat des magistrats. Cela interroge encore une fois sur la comp&#233;tence et la mentalit&#233; de cette ministre de la Justice, qui montre qu'un titre ne fait pas l'expertise. Madagascar paye ici le choix de donner la direction de ce minist&#232;re-cl&#233; &#224; quelqu'un dont la notori&#233;t&#233; est plus b&#226;tie sur son c&#244;t&#233; &#8220;grande gueule&#8221; que sa ma&#238;trise du Droit. Il est quand m&#234;me curieux que cela ne g&#234;ne personne que le portefeuille du minist&#232;re de la Justice ait &#233;t&#233; attribu&#233; &#224; un magistrat qui a &#233;t&#233;, &#224; juste titre, vir&#233; de ce corps pour comportement ind&#233;licat. La liste des d&#233;rapages &#233;tant d&#233;j&#224; longue, on s'abstiendra de rappeler de &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Les-coups-de-griffes-du-samedi-22,18878.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sombres histoires de parking&lt;/a&gt; qui ne sont gu&#232;re &#224; son honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une abonn&#233;e aux d&#233;rapages.&lt;/strong&gt; Le Colonel Randrianirina et le Premier ministre Rajaonarison sont invit&#233;s &#224; m&#233;diter sur ces &#233;carts &#224; la Loi, qui illustrent la mentalit&#233; de Fanirisoa Ernaivo, et dont les d&#233;rapages nuisent &#224; l'image de la Refondation. Cela risque de s'aggraver &#224; l'approche de la pr&#233;sidentielle, car le personnage dont l'ambition est bien connue, va multiplier l'agitation m&#233;diatique et les d&#233;rapages verbaux dont elle est coutumi&#232;re. Cela a d'ailleurs &#233;t&#233; la cause de sa r&#233;vocation bien m&#233;rit&#233;e de la magistrature. Et puisqu'on est dans le th&#232;me des souvenirs, on rappellera qu'il y a quelques mois, un journaliste au service du pouvoir actuel avait &#233;t&#233; autoris&#233; &#224; prendre des images d'une personne en d&#233;tention, et les a ensuite diffus&#233;es, en totale violation de la Loi en vigueur, dans le simple but d'humilier la d&#233;tenue. Bref, autant de faits qui font d&#233;sordre dans un secteur de la Justice syst&#233;matiquement point&#233; du doigt dans toutes les enqu&#234;tes traitant de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une occasion de d&#233;montrer une refondation des pratiques. &lt;/strong&gt; Certes, la HCC a accumul&#233; depuis des d&#233;cennies les raisons valables pour m&#233;riter le m&#233;pris des citoyens, pour ne parler que de ses d&#233;cisions discutables au moment des crises et des litiges &#233;lectoraux, des &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/La-HCC-au-coeur-des-scandales-2-61-milliards-d-ariary-d-indemnites-dans-l-ombre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2,61 milliards d'indemnit&#233; pour ses membres&lt;/a&gt;, ou de l'int&#233;grit&#233; questionnable de certains de ses membres eu &#233;gard &#224; leur pass&#233; de braconnier ou de ministre limog&#233; sous la Transition. Toutefois, la Refondation doit faire l'effort de montrer qu'elle &#339;uvre pour le renouveau des pratiques, au lieu de refaire une application b&#234;te et m&#233;chante du fameux principe &#8220;&lt;i&gt;izahay izao no au pouvoir&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Note : le titre de cet article est celui d'un livre (Jean-Michel D&#233;cugis, Pauline Gu&#233;na et Marc Leplongeon, &lt;i&gt;Minist&#232;re de l'injustice&lt;/i&gt;, Paris, Grasset, 2022, 256 p.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20469750886a7fb685da1528.18710168&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mpamendrofendro : le nouveau mot-cl&#233; des d&#233;fenseurs du pouvoir</title>
		<link>https://concours.madagascar-tribune.com/Mpamendrofendro-le-nouveau-mot-cle-des-defenseurs-du-pouvoir.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://concours.madagascar-tribune.com/Mpamendrofendro-le-nouveau-mot-cle-des-defenseurs-du-pouvoir.html</guid>
		<dc:date>2026-06-01T04:57:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ndimby A., Patrick A.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques temps, une formule revient dans la communication du pouvoir et de ses porte-paroles officiels et officieux, solelakistes ou comptes fako : &#171; aza mihaino ny mpamendrofendro &#187;, n'&#233;coutez pas les esprits chagrins. On l'a lue sur les r&#233;seaux sociaux, et on l'a m&#234;me entendue de la bouche de certains dirigeants ces derni&#232;res semaines. Cette r&#233;action face aux critiques, y compris les plus justifi&#233;es, montre une incapacit&#233; &#224; se remettre en question, et le choix de se cantonner (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://concours.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L399xH300/mpamendrofendro-32ed6.jpg?1783756074' class='spip_logo spip_logo_right' width='399' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques temps, une formule revient dans la communication du pouvoir et de ses porte-paroles officiels et officieux, &lt;i&gt;solelakistes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Flagorneurs : &#171; Qui flatte de mani&#232;re excessive et int&#233;ress&#233;e dans le but (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou comptes &lt;i&gt;fako&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;aza mihaino ny mpamendrofendro&lt;/i&gt; &#187;, n'&#233;coutez pas les esprits chagrins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;finition : &#171; Personne volontairement contrariante. Des esprits chagrins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On l'a lue sur les r&#233;seaux sociaux, et on l'a m&#234;me entendue de la bouche de certains dirigeants ces derni&#232;res semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;action face aux critiques, y compris les plus justifi&#233;es, montre une incapacit&#233; &#224; se remettre en question, et le choix de se cantonner derri&#232;re l'arrogance et le m&#233;pris. L&#224; encore, c'est un recyclage de m&#233;thode de &lt;i&gt;forongony&lt;/i&gt; : les auteurs de critiques sur Facebook n'avaient-ils pas &#233;t&#233; accus&#233;s par l'&#233;quipe de Rajoelina de ne repr&#233;senter que &#8220;6% d'imb&#233;ciles&#8221; ? Les mots changent, mais l'insulte demeure. L&#224; encore, comme partout ailleurs, le renouveau et la refondation sont des mots qui sonnent creux.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de s'&#233;tonner des man&#339;uvres ill&#233;gales pour remplacer des juges afin de formater une Haute cour constitutionnelle mall&#233;able au vent nouveau ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de d&#233;plorer les intimidations des jeunes de la Gen Z &#224; coups d'arrestations ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de remarquer que le &lt;i&gt;valifaty politika&lt;/i&gt; est devenu une m&#233;thode de gouvernement ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de d&#233;noncer tous les gaspillages d'argent public, y compris dans les pr&#233;tendues op&#233;rations de promotion de la destination Madagascar sans aucune perspective strat&#233;gique ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; d'&#234;tre perplexe sur le manque d'ad&#233;quation formation / exp&#233;rience / int&#233;grit&#233; pour certaines nominations aux hauts emplois de l'&#201;tat ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; d'observer que les violations de l'&#201;tat de Droit et des principes d&#233;mocratiques deviennent un sujet r&#233;current ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de constater que l'emprisonnement de Mamy Ravatomanga n'a pas mis fin &#224; la pr&#233;sence d'un &#8220;PDG&#8221; tr&#232;s actif dans les coulisses du pouvoir ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de voir peu &#224; peu le pays mis dans l'escarcelle des Russes, alors que &#171; notre &#187; r&#233;volution d'Octobre avait pour but de mettre fin &#224; la mainmise des &lt;i&gt;vazaha&lt;/i&gt; sur le pays ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; de se demander pourquoi l'utilisation de troupeaux de compte &lt;i&gt;fake&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;trolls&lt;/i&gt;, qui avait &#233;t&#233; reproch&#233;e aux dirigeants d'hier, est une m&#233;thode de &#8220;communication strat&#233;gique&#8221; par les pseudo-strat&#232;ges d'aujourd'hui ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce faire le &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; d'arriver &#224; la conclusion qu'avoir renvers&#233; Rajoelina ne signifie pas avoir renvers&#233; ses id&#233;es et ses m&#233;thodes ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est inqui&#233;tant pour le pr&#233;sent et l'avenir du pays. Mais en r&#233;alit&#233;, rien de ceci n'est &#233;tonnant. Il est illusoire d'attendre d'un clan qui a pris le pouvoir de mani&#232;re anticonstitutionnelle de se pr&#233;occuper de Droit, de redevabilit&#233; ou d'&#233;thique politique. L'exp&#233;rience Rajoelina nous a donn&#233; la le&#231;on : les promesses de ceux qui ne sont pas pass&#233;s par les urnes pour obtenir le pouvoir n'engagent que ceux qui y croient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, accuser ceux qui critiquent de faire les &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; est un mode de d&#233;fense immature qui pousse &#224; d&#233;l&#233;gitimer l'exercice du sens critique, &#224; n'admettre comme seule opinion acceptable que la louange du pouvoir, et &#224; insinuer que toute autre expression serait une atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat, all&#232;grement confondu avec l'accroche du post&#233;rieur des dirigeants &#224; leur fauteuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traiter de &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; ceux qui usent de leur sens critique pour d&#233;noncer les d&#233;rives est une intimidation ; c'est une &#233;tape de la mise en place d'un arsenal r&#233;pressif au nom de la dictature de la pens&#233;e unique. Elle explique les emprisonnements des auteurs d'opinions contradictoires, annonce la couleur &#224; sens unique de la Concertation nationale &#224; venir, et est pr&#233;monitoire de la qualit&#233; des futures &#233;lections. Ceux qui oseront alors parler de pressions et fraudes &#233;lectorales pour favoriser les candidats d'&#201;tat sont avertis : ils seront trait&#233;s de &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt; par ceux qui n'arrivent &#224; &#234;tre que des &lt;i&gt;mpampiesona&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20667 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://concours.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/bekzi1juin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://concours.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH374/bekzi1juin-3c018.jpg?1780289887' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20469750886a7fb685da1528.18710168&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Flagorneurs : &#171; Qui flatte de mani&#232;re excessive et int&#233;ress&#233;e dans le but d'obtenir un avantage ou de plaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;finition : &#171; Personne volontairement contrariante. Des esprits chagrins vont certainement m'objecter que je divague, que j'extravague, que je m'&#233;gare. &#8212; Bernard Tabary, Pr&#233;-histoire : M&#233;moires intimes d'un futur jeune prodige &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/esprit-chagrin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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