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vendredi 27 février 2026
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Pauvreté rurale : la situation continue de se détériorer

vendredi 27 février | Mandimbisoa R. |  210 visites  | 6 commentaires 

Quatre habitants ruraux sur cinq vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. C’est le constat alarmant dressé par deux nouveaux rapports de la Banque mondiale couvrant la période 2013-2022. Malgré un potentiel agricole considérable et un rôle central de l’agriculture dans l’économie nationale, la situation sociale dans les campagnes malgaches continue de se détériorer.

Le secteur agricole demeure pourtant un pilier du pays. Il contribue à hauteur d’environ 30 % au produit intérieur brut (PIB), génère près de 40 % des exportations et fait vivre environ 80 % de la population active. En théorie, cette importance économique devrait constituer un levier puissant de réduction de la pauvreté. En pratique, la production agricole – principale source de revenus des ménages vulnérables – a peu progressé au cours de la dernière décennie, malgré une croissance économique modérée.

Au cœur des analyses figure la question de la productivité. Les exploitations agricoles n’exploiteraient que 17 à 24 % de leur potentiel. Cette faible performance limite la hausse des revenus et freine toute dynamique de transformation structurelle. Lorsque les rendements stagnent, les ménages ruraux restent enfermés dans des activités à faible valeur ajoutée.

Les rapports pointent également des contraintes économiques majeures. Les producteurs font face à des désavantages de prix significatifs, estimés entre 21 % et 65 % selon les filières. Les taxes, certaines pratiques commerciales et des défaillances de marché réduisent encore leurs marges. À cela s’ajoutent des infrastructures insuffisantes : routes rurales dégradées, isolement accru en saison des pluies et coûts logistiques élevés.

Le manque d’accès au crédit et aux services numériques constitue un autre frein à la modernisation des exploitations. Les agriculteurs peinent à investir dans des équipements, des semences améliorées ou des technologies susceptibles d’accroître leurs rendements. Les chocs climatiques répétés et l’insécurité foncière accentuent la vulnérabilité des ménages.

Francis Muamba Mulangu, auteur du diagnostic des revenus ruraux, souligne que la stagnation agricole complique l’enclenchement d’un cercle vertueux de développement : sans hausse des revenus, la demande intérieure reste limitée et les opportunités économiques plus rémunératrices tardent à se développer.

L’analyse des dépenses publiques agricoles révèle par ailleurs un problème d’exécution budgétaire. Moins de la moitié des budgets prévus seraient effectivement dépensés. Les crédits alloués à la recherche, à l’encadrement technique, à l’irrigation et à la connectivité rurale restent insuffisants. Pour Stephen D’Alessandro, économiste principal en agriculture à la Banque mondiale, il est essentiel d’améliorer la qualité et la priorisation des dépenses afin de générer de réels gains de productivité.

Les rapports recommandent ainsi des investissements ciblés, un renforcement des organisations paysannes, une implication accrue du secteur privé et un développement des villes secondaires. L’objectif est clair : transformer le potentiel agricole en moteur de croissance durable et inclusive, et inverser une tendance qui maintient aujourd’hui la grande majorité des ruraux dans la pauvreté.

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6 commentaires

Vos commentaires

  • 27 février à 10:27 | Isandra (#7070)

    J’ai cru qu’il suffit que Rajoelina parte le miracle s’opère,...

    Apparemment, non seulement, rien ne change, mais, aussi, les choses s’empirent dans certains domaines,...tels que dans le monde rural, les insécurités, les inflations,...les corruptions,...les abus de pouvoir, etc

    Répondre

  • 27 février à 10:32 | bekily (#9403)

    Boloky
    Période de transition politique...

    Rien à voit avec un jeu de cartes.
    Qui se joue en 20 minutes.

    Répondre

    • 27 février à 10:43 | Isandra (#7070) répond à bekily

      Béquille,

      Transition le frère de votre mère,...N’écrivez rien quand on n’est pas à la page.

      Siteny a déclaré haut et fort que "Le pouvoir en place n’est pas une transition mais un intérim".

  • 27 février à 10:51 | bekily (#9403)

    Boloky
    Un ignare comme Siteny n’est pas la référence.

    Répondre

    • 27 février à 11:07 | Isandra (#7070) répond à bekily

      Béquille,

      Laissez moi rigoler. C’est plutôt vous la bonne référence,...?

      Plus que référence au sein de cette junte. Siteny et K.Daya sont presque vice-Présidents, qui accompagnent le Colonel, partout où il va,...

  • 27 février à 11:23 | bekily (#9403)

    Pas "MA" référence s’il faut te mettre les points sur les i..
    Siteny peut se donner l’apparence qu’il veut.
    Kara Hanitra...
    LOL

    Dia tsotsotra lava eny ilay Boloky mitsolopy eto ...

    Répondre

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