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jeudi 2 juillet 2026
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Assemblée nationale : une loi sur la « malgachisation » adoptée à Tsimbazaza

jeudi 2 juillet | Mandimbisoa R. |  447 visites  | 4 commentaires 

L’Assemblée nationale a adopté, le 1er juillet, la proposition de loi relative à la politique d’utilisation des langues et aux droits linguistiques dans le pays. Porté par le député du 3e arrondissement d’Antananarivo, Navalona Francky Rakotoaritiana, le texte prévoit notamment que les documents administratifs, les décisions de justice, les contrats de travail et l’ensemble des documents officiels disposent désormais d’une version rédigée en langue malgache.

Présentée comme une mesure destinée à faciliter l’accès des citoyens aux services publics, cette réforme rappelle néanmoins l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire contemporaine du pays : la politique de malgachisation engagée sous le président Didier Ratsiraka dans les années 1970.

Selon le parlementaire, l’objectif n’est pas d’écarter le français ni les autres langues étrangères, mais de redonner au malgache la place qui lui revient dans la vie publique. Il rappelle que près de 99 % des habitants parlent le malgache et que plus de 80 % de la population ne maîtrise que cette langue. Pour les promoteurs du texte, cette réforme doit mettre fin aux difficultés rencontrées par de nombreux citoyens confrontés à des documents qu’ils ne comprennent pas, qu’il s’agisse de procédures administratives, de décisions judiciaires ou de contrats professionnels.

Le président de l’Assemblée nationale, Randrianasoloniaiko Siteny, a également appelé le ministère de la Communication et de la Culture à élaborer une véritable politique publique de valorisation de la langue malgache. Il estime que cette démarche participe au renforcement de l’identité nationale et de la culture malgache.

Si les auteurs de la loi insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une « malgachisation à outrance », l’adoption de ce texte fait inévitablement ressurgir le souvenir de la politique menée durant la Deuxième République. Après son arrivée au pouvoir en 1975, Didier Ratsiraka avait fait de la malgachisation l’un des piliers de son projet révolutionnaire. L’enseignement avait progressivement basculé vers le malgache, tandis que plusieurs noms de villes et différentes administrations étaient également malgachisés afin d’effacer l’héritage colonial français.

Cette politique demeure aujourd’hui largement débattue. De nombreux historiens et spécialistes estiment que sa mise en œuvre s’était heurtée à d’importantes difficultés. Le manque de supports pédagogiques adaptés, l’insuffisance de vocabulaire technique dans plusieurs disciplines, l’absence de formation suffisante des enseignants et une préparation jugée insuffisante avaient contribué à une baisse du niveau scolaire dans plusieurs secteurs, avant que le français ne retrouve progressivement une place importante dans le système éducatif à partir de la fin des années 1980 et au début des années 1990.

Le nouveau texte adopté à l’Assemblée nationale se distinguerait de cette politique historique. Les parlementaires assurent qu’il ne vise pas à remplacer le français, mais à garantir que chaque citoyen puisse disposer d’une version en malgache des documents officiels. Son application nécessitera cependant un travail considérable. Le député Navalona Francky Rakotoaritiana reconnaît lui-même qu’il faudra élaborer un vocabulaire juridique, administratif, économique et technique harmonisé afin de permettre une utilisation uniforme dans l’ensemble des administrations et des services publics.

L’adoption de cette loi ouvre ainsi une nouvelle étape dans la politique linguistique de Madagascar. Pour ses défenseurs, elle constitue une mesure de justice sociale et de reconnaissance de la langue nationale. Pour d’autres observateurs, elle réveille le souvenir d’une expérience historique dont les résultats continuent d’alimenter les débats, rappelant que toute réforme linguistique d’envergure dépendra autant de sa préparation que de ses modalités d’application.

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4 commentaires

Vos commentaires

  • 2 juillet à 12:01 | pisokely (#9950)

    samy hafa ny manaja ny maha malagasy sy ny fanagasiana ny fitaovana ampiasaina.

    raha tena mifantoka aminy fomba malagasy isika, manaja ny maha malagasy, dia handroso ho azy i madagasikara.

    ny olana lehibe aminy fanagasiana, dia natao dikateny ny malagasy.. fa ny fotopisainana dia nijanona ho frantsay... ny zanakiny mpanambola sy ny mpitondra, dia nalefa aty an dafy... fa ny zaza malagasy dia nopotehina taminy fanagasiana ny fampianarana, ka lasa tsy mahay teny gasy no tsy mahay teny vahiny.. ka ireo zay mba lasa taty an dafy, dia lasa fadiranovana satria tsy mahay teny vahiny.... nopotehiny ratsiraka.. dia zao indray halentika ....

    hevitro manokana ity.. atao sarotrarony fotsiny ny hoe tia tanindrazana... tsy ny fanagasiana ny fitaovana no ilaina, fa ny fiverenana aminy fotopisainana malagasy... manomboka aminy fanajana ny ray amandreny sy ny fomba nentimpaharazana... dia ny malagasy aloha vao ny hafa

    Répondre

    • 2 juillet à 12:33 | Stomato (#3476) répond à pisokely

      J’ai demandé à deux IA différentes la traduction de votre texte.

      Elles mettent en évidence que la langue malgache, qui comporte quand même un assez grand nombre de dialectes pas toujours maîtrisés, est complexe et son enseignement encore plus complexe.

      *** Version 1
      Il y a une différence entre respecter l’identité malgache (ny maha malagasy) et
      la "malgachisation" des outils utilisés.

      Si nous nous concentrons réellement sur les valeurs et coutumes malgaches, tout
      en respectant notre identité, Madagascar se développera naturellement.

      Le grand problème de la "malgachisation" [historique], c’est qu’elle s’est
      limitée à une simple traduction en malgache... alors que la mentalité, elle, est
      restée française. Les enfants des riches et des dirigeants ont été envoyés à
      l’étranger, tandis que les enfants malgaches ont été sacrifiés par la
      malgachisation de l’enseignement. Résultat : ils se retrouvent à ne maîtriser ni
      le malgache, ni les langues étrangères. Et le peu d’entre eux qui ont réussi à
      partir à l’étranger se retrouvent en grande difficulté parce qu’ils ne parlent
      pas de langue étrangère... Ratsiraka a détruit [le système], et voilà qu’on
      l’enfonce à nouveau aujourd’hui...

      Ceci est mon opinion personnelle. On complexifie inutilement la notion de
      patriotisme. Ce dont on a besoin, ce n’est pas de la malgachisation des outils,
      mais d’un retour à la mentalité et à la philosophie malgaches (fotopisainana)...
      À commencer par le respect des parents (et des aînés), des traditions, et par le
      fait de faire passer le Malgache avant les autres.

      *** Version 2
      Si nous nous concentrons vraiment sur la culture malgache et respectons
      l’identité malgache, Madagascar progressera d’elle-même.

      Le grand problème avec les Français, c’est que la langue malgache a été
      traduite, mais l’idéologie est restée française. Les enfants des riches et des
      dirigeants ont été envoyés à l’étranger, mais les enfants malgaches ont été
      détruits par l’éducation française. Ils sont devenus incapables de parler
      français et d’apprendre d’autres langues. Ceux qui sont partis à l’étranger sont
      devenus malheureux car ils ne connaissaient pas de langues étrangères. Ils ont
      été profondément marqués par cette éducation, et ils sombreront à nouveau.

      C’est mon opinion personnelle : ils rendent le patriotisme difficile. Ce n’est
      pas la langue française dont nous avons besoin, mais le retour à l’idéologie
      malgache, en commençant par le respect des parents et des traditions, d’abord
      les Malgaches, ensuite les autres.

      Instructif non ?
      Je n’ai aucune idée de la valeur relative des deux versions.

  • 2 juillet à 12:32 | Vohitra (#7654)

    Dingana iray tamin’ny sosonkevitra narosonay teto tamin’ny 28 jona 2026 aloha no indro fa tontosa.

    Isany tena zava-dehibe ny famoahana ny didimpitsarana amin’ny teny Malagasy, ary mbola takiana ihany koa ny famoahana ny lalàna velona rehetra amin’ny teny Malagasy.

    Aleo ho mazava ny tanjona :

    * ilaina ny fifehezana ny teny vahiny ho fitaovana fandratoana sy fanovozana fahalalana sy haitao ary hifehezana ny hairaha, ary hahafahana maneho hevitra sy mamosaka ny lahankevitra eo amin’ny sehatra iraisampirenena.

    * ny fanomezana Hasina ny tenimpirenena eto antoerana kosa dia ho fanandratana ny fiandrianampirenena sy hampirindra ny fifanakalozana sy fifandraisana ara-piarahamonina eo amin’ny mponina rehetra tsy ankanavaka, na Malagasy io na vahiny monina.

    * ho fampivelarana ny kolontsaina sy riba, ary hanomezana vahana ny fomba sy toe-panahy mampiavaka ny Malagasy, ary ho fanandratana ny tena hasimpirenena mikolo ny soa notoavina sy ho fampanjariana ny tandro hasina mampijoro ny firaisampirenena Malagasy.

    Mankasitraka ny solombavambahoaka Navalona nitondra ny tolo-dalana ary niaro izany hatramin’ny nivadihany ho lalàna velona manankery ankehitriny eo ampiandrasana indray izay afitsoky ny HCC mikasika ny fanajana ny lalampanorenana eo amin’ny famoahana ho manankery hampiharina eto amin’ny fitsarana.

    Répondre

  • 2 juillet à 12:46 | rakotobe (#7825)

    Izay tia tenin-drazana tia tanindrazana .

    Ny an’ny afa aza ankalazaina
    Rariny sy hintsiny raha hasandratra avo ny antsika.

    Répondre

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