Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
dimanche 19 juillet 2026
Antananarivo | 00h15
 

Economie

Economie

Coface : Madagascar reste classé parmi les pays à risque élevé pour les entreprises

samedi 18 juillet | Mandimbisoa R. |  993 visites  | 8 commentaires 

Madagascar demeure dans la catégorie des économies présentant un risque élevé pour les entreprises. Dans sa dernière évaluation, la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) maintient le pays à la note « C », aussi bien pour le risque pays que pour le climat des affaires. Cette appréciation, largement suivie par les investisseurs, les banques et les exportateurs, signifie que les opérations commerciales restent possibles, mais qu’elles nécessitent une gestion rigoureuse des risques et une analyse approfondie de la solvabilité des partenaires. Malgré des perspectives économiques relativement favorables, l’assureur-crédit estime que plusieurs fragilités structurelles continuent de freiner l’attractivité de la Grande Île.

Selon Coface, l’économie malgache devrait poursuivre sa croissance grâce aux investissements publics, au secteur minier, au textile et à une reprise progressive du tourisme. L’institution tablait sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 4,6 %, avec une inflation en baisse autour de 7 % et une dette publique représentant 55,5 % du PIB. Toutefois, les dernières données officielles du Gouvernement, publiées dans la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, sont plus prudentes. Les autorités ont revu leur prévision de croissance à 3,8 %, contre 4,8 % attendus initialement, en raison notamment des effets des cyclones Fytia et Gezani, des tensions géopolitiques internationales et de la hausse des coûts de l’énergie.

Cette révision ne remet toutefois pas en cause le constat dressé par Coface. L’assureur considère que Madagascar reste confronté à des vulnérabilités importantes. L’économie demeure fortement dépendante d’un nombre limité de produits d’exportation. Le nickel représente environ 26 % des exportations du pays, tandis que la vanille en constitue près de 17 %. Une baisse des cours mondiaux de ces matières premières peut donc rapidement affecter les recettes d’exportation, les réserves en devises et la croissance économique.

À cette dépendance s’ajoutent des contraintes internes persistantes. Coface rappelle que Madagascar affiche un PIB par habitant de seulement 530,5 dollars, compte près de 29,8 millions d’habitants et reste confronté à une pauvreté massive, à des infrastructures insuffisantes et à une forte exposition aux catastrophes naturelles. Les difficultés d’accès à l’électricité, les coûts logistiques élevés ainsi que les lenteurs administratives continuent également de peser sur la compétitivité des entreprises.

Face à cette situation, le Gouvernement mise sur un renforcement des finances publiques. La Loi de finances rectificative maintient les recettes fiscales intérieures à 6 221,7 milliards d’ariary et prévoit 5 202 milliards d’ariary de recettes douanières. Les nouvelles mesures fiscales devraient générer 527 milliards d’ariary supplémentaires. En parallèle, les partenaires techniques et financiers accroissent leur soutien : les décaissements des prêts destinés aux projets d’investissement atteignent désormais 4 775,5 milliards d’ariary, tandis que les appuis budgétaires passent de 1 127,8 milliards à 2 276,9 milliards d’ariary.

Ces efforts budgétaires traduisent la volonté des autorités de soutenir l’activité économique dans un contexte international incertain. Ils viennent compléter les réformes engagées pour améliorer la mobilisation des recettes, renforcer la gouvernance des finances publiques et accélérer les investissements structurants.

Pour autant, la notation « C » attribuée par Coface rappelle que les progrès macroéconomiques ne suffisent pas encore à modifier la perception du risque. À titre de comparaison, des pays africains comme Maurice (A4), le Maroc (B), la Côte d’Ivoire (B) ou encore le Sénégal (B) bénéficient d’une évaluation plus favorable, tandis que Madagascar demeure dans une catégorie où les entreprises doivent composer avec un environnement économique plus fragile. À l’inverse, le pays reste mieux classé que plusieurs économies africaines notées D ou E, telles que le Zimbabwe, le Soudan ou le Burundi.

Pour améliorer sa position dans les prochaines évaluations, Madagascar devra transformer sa croissance en un développement plus inclusif, poursuivre la diversification de son économie, renforcer la sécurité juridique des investissements, moderniser ses infrastructures et accroître la résilience de ses entreprises face aux chocs climatiques et économiques. Tant que ces défis structurels ne seront pas pleinement relevés, le pays devrait conserver, selon Coface, un profil de risque élevé pour les acteurs économiques.

-----

8 commentaires

Vos commentaires

  • 18 juillet à 10:19 | Vohitra (#7654)

    Madagasikara reste pour le moment un pays à risque élevé... Il n’y a rien à débattre là-dessus, c’est la réalité indéniable.

    Risque politique élevé dans un premier temps, et qui est encore en pleine phase de transition vers la recherche d’une stabilité, dans le but essentiel de renouer plus tard avec une performance économique conforme à l’exploitation rationnelle de ses nombreuses opportunités...

    Coface, S&P 500, Moody’s... Toutes ces agences de notation et assureur « risque-pays » ne peuvent s’exprimer autrement vis à vis d’un pays dirigé par une junte militaire avec un gouvernement non-élu et assumant une gouvernance issue d’une approche extra-constitutionnelle érigée en ordre constitutionnel de façon expéditive et singulière...

    Répondre

  • 18 juillet à 13:02 | rakotobe (#7825)

    Madagasikara : un pays à fort potentiel et à risque élevé

    Un risque scoré principalement sur 2 points une instabilité ploitique chronique et une corruption élevée , encore et tjs....

    Madagascar est un des pays le plus instable politiquement d’Afrique depuis 50 ans.nos institution sont trés fragiles et les transitions de pouvoir sont souvent contestées

    Une Gouvernance faible et une corruption élevèe cas le + flagrant chez nous est le favoritisme lors des appels d"offre et la Coface pénalise fortement les pays ou l’Etat ne garantit pas un cadre juridique stable.

    Et ce qui interpelle les nationaux est que les entreprises malgaches ont un accès trés limité au financement d’où l’impossible concurrence avec les grands groupes industriels des bi-nationaux ( cf article ci dessus diapason sur APD )
    Avec une forte dépendance á l’informel.....
    D’où l"observation de COFACE sur un tx de défaut + élevé que la moyenne des pays émergents.

    Répondre

  • 18 juillet à 18:09 | Jipo (#4988)

    Consensuel & inclusif : ne manquait plus que « résilience » pour parachever le triptyque tant convoité et très INN , voilà qui est rétabli pour le plus grand bonheur de nos interlocuteurs/lecteurs .
    Qu’ ils en soient remerciés ...
    4,6 % de « croissance » contre 7% d’ inflation ! dans les 2 cas je me demande si c’ est de la naïveté exacerbée, de l’ optimisme béat ou de la crédulité débridée : (qui essayent-ils de convaincre ?)
    Bien sur que la grenouille va se faire plus grosse que le boeuf, c ’est écrit dans le destin onirique de tous ces « doux rêveurs/ mamy komba » qui n’ ont toujours pas encore (déjà) intégré que : prendre leurs interlocuteurs pour des kons ne marchait pas, autre que se mentir à eux memes en essayant d’ en convaincre les autres, en échange de quelques prébendes , ce que les bailleurs ( tous aussi avides) se pressent d’ honorer (gagnants /« gagnantes ») ! ...

    Répondre

    • 18 juillet à 18:39 | rakotobe (#7825) répond à Jipo

      Pourquoi vouloir noircir un tableau déjá fortement grisé ?
      Vs avez oublié que 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté = 2,15 usd/jour
      La faiblesse du PIB/ habitant=530 usd...

      Pour rester ds le vrai sujet proposé
      force est de constater que Madagascar n’est pas un pays où les opérations sont impossibles .
      Les entreprises doivent sûrement renforcer leur gestion du risque.

  • 18 juillet à 19:57 | rakotobe (#7825)

    Info+

    Success story

    L’architecte de l’ombre qui fait bouger les lignes de l’Océan Indien. »

    C’est ainsi qu’Expansion présente Tantely RAKOTOMALALA, co-fondatrice du CEO Summit Indian Ocean, en couverture de son dernier numéro.

    Un portrait rare, où elle revient sur la naissance du Sommet, les résistances des débuts, et la conviction qui reste la nôtre : que l’océan Indien a tout pour devenir un des espaces économiques les plus dynamiques de notre partie du monde.

    Vintage

    Christine Razanamahasoa nommée déléguée, représentant permanent de Madagascar auprès de
    l’UNESCO à Paris en remplacement d’Yvette Sylla

    Répondre

    • 18 juillet à 20:13 | bekily (#9403) répond à rakotobe

      @Rakotobe
      Merci pour l’information.
      elle a parfaitement raison.
      Les potentialités sont fortes.

    • 18 juillet à 21:58 | rakotobe (#7825) répond à rakotobe

      Sous le ciel de Paris
      S’envole une chanson, hmm-hm

  • 18 juillet à 21:59 | bekily (#9403)

    Rakotobe
    EDITH PIAF !!!!!

    Répondre

Réagir à l'article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, merci de vous connecter avec l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Publicité




Newsletter

[ Flux RSS ]

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS 
 
{#URL_PAGE{archives}}