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mercredi 15 juillet 2026
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Drames à répétition : après l’appel des évêques, le FFKM réclame des actes et un dialogue national d’urgence

mercredi 15 juillet | Mandimbisoa R. |  647 visites  | 3 commentaires 

Au lendemain de la déclaration de la Conférence des évêques de Madagascar (CEM), le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) est, à son tour, sorti de son silence face à la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays. Alors que les décès violents, les disparitions inquiétantes et les découvertes de corps alimentent une profonde inquiétude au sein de la population, les quatre chefs d’Églises estiment que le moment est venu de s’exprimer avec fermeté. Leur message intervient dans un contexte où les responsables religieux multiplient les appels à la préservation de la vie humaine et à un retour de la confiance entre les citoyens et les autorités.

Dans sa déclaration, le FFKM appelle l’ensemble des Malgaches à faire preuve de retenue et de discernement. Les chefs d’Églises demandent à chacun de rejeter la violence, les règlements de comptes, la diffamation et la diffusion d’informations non vérifiées, qui risquent d’aggraver les tensions. Selon eux, la crise actuelle ne pourra être surmontée que par un dialogue inclusif, fondé sur le respect mutuel et les valeurs du « Fihavanana malagasy ». Pour accompagner cette démarche d’apaisement, ils invitent toutes les paroisses du pays à organiser des prières spéciales pour les victimes, les familles endeuillées, les personnes touchées par les récents drames ainsi que pour l’avenir de la nation.

Les dirigeants religieux rappellent également que la vie humaine demeure sacrée et que sa protection constitue un devoir collectif. Ils soulignent que le respect de la dignité de chaque personne, la recherche de la vérité et l’application d’une justice équitable représentent les bases indispensables d’une paix durable. Pour le FFKM, l’Église ne peut rester silencieuse lorsque des vies sont fauchées ou que des familles vivent dans l’angoisse. C’est pourquoi elle estime nécessaire d’interpeller la conscience nationale face à une situation jugée particulièrement préoccupante.

Le Conseil œcuménique condamne par ailleurs toutes les formes de violence, de négligence, d’imprudence ou de comportements irresponsables ayant conduit aux pertes humaines enregistrées ces dernières semaines. Les quatre chefs d’Églises adressent leurs condoléances aux familles endeuillées et invitent les communautés chrétiennes à exprimer une solidarité concrète, aussi bien spirituelle que matérielle, envers les victimes et les personnes affectées. Pour eux, cette mobilisation doit dépasser les clivages religieux, sociaux et politiques afin de préserver la cohésion nationale.

Enfin, le FFKM interpelle directement les dirigeants et les institutions de l’État. Les responsables religieux demandent aux autorités d’assumer pleinement leurs responsabilités régaliennes et de prendre des mesures rigoureuses, transparentes et conformes à la vérité pour établir les circonstances des drames qui secouent actuellement Madagascar. Ils estiment que seule une gouvernance fondée sur la justice, la transparence et un dialogue national sincère permettra de restaurer durablement la confiance entre l’État et la population, un appel qui fait écho aux préoccupations exprimées la veille par la Conférence des évêques.

La veille, la CEM avait déjà fait part de sa vive préoccupation face à la multiplication des meurtres, des enlèvements et des disparitions. Les évêques avaient demandé aux autorités d’aller au-delà des annonces en faisant toute la lumière sur ces affaires. Ils avaient notamment réclamé des enquêtes transparentes, l’identification des responsables et des réponses concrètes aux familles touchées. Les prélats avaient également exhorté les décideurs à renforcer les mesures de protection de la population afin d’enrayer une insécurité qui ne cesse de gagner du terrain.

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3 commentaires

Vos commentaires

  • 15 juillet à 11:29 | Vohitra (#7654)

    Ils estiment que seule une gouvernance fondée sur la justice, la transparence et un dialogue national sincère permettra de restaurer durablement la confiance entre l’Etat et la population...

    En tant que dirigeants spirituels, vous savez pertinemment que la justice dans toutes ses expressions ne sera réellement vécue en l’absence de la vérité...

    Et la vérité est irrémédiablement chassée de l’espace public tant que la vérité est continuellement cachée sous une chape de mensonges d’Etat s’exprimant à travers cette notion d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat brandie dans une œuvre avérée de répression une fois rappelée à ses propres dérives de gouvernance...

    Et parlant de transparence, dans le domaine de la vie publique évidemment, vous savez avec évidence la répugnance des autorités à mettre à la disposition du public des informations réelles sur l’état et étendu des patrimoines des dirigeants alors que le pays s’effondre progressivement sous le poids de la corruption...

    Et à propos de dialogue national, croyez-vous que la concertation nationale n’en fait pas partie, une concertation dont vous avez la charge de réaliser sa mise en œuvre ? Et le report incessant en la matière engageant vos responsabilités...

    Répondre

  • Répondre

    • 15 juillet à 16:50 | rakotobe (#7825) répond à kartell

      Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’une chose est annoncé, puis son contraire après. Et ensuite son contraire. Puis son contraire, et, soudain son contraire.
      Bref, cette situation devient la nouvelle normalité :)

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