Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
mardi 11 août 2026
Antananarivo | 13h29
 

Economie

Economie

La croissance tombe à 3 % face à une inflation qui menace d’atteindre 10,1 %

samedi 8 août | Mandimbisoa R. |  1762 visites  | 7 commentaires 

L’économie malagasy s’achemine vers une fin d’année sous tension, entre une croissance moins dynamique qu’attendu et des pressions inflationnistes persistantes. Selon le Rapport sur la politique monétaire publié récemment par Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), la croissance économique nationale est estimée à 3 % en 2026, alors que la Loi de finances rectificative (LFR) prévoit 3,8 %. Pour atteindre la prévision gouvernementale, une accélération de l’activité au second semestre sera nécessaire.

La situation des entreprises illustre cette fragilité. Au deuxième trimestre, l’activité des entreprises formelles est restée en recul. L’Indicateur synthétique des activités des entreprises (IAE) s’est établi à -5,3 %, contre -39,9 % au premier trimestre. Si la contraction s’est considérablement atténuée, elle touche encore la plupart des catégories d’entreprises. Seules les grandes entreprises ont enregistré un léger rebond au cours de la période.

À l’échelle de l’économie nationale, les signaux sont cependant plus encourageants. L’Indicateur infra-annuel d’activité économique (IIAE) a progressé de 4,8 % par rapport au trimestre précédent. En glissement annuel, l’amélioration reste toutefois modeste, à seulement 0,3 %. Les perspectives du troisième trimestre font apparaître une possible reprise de l’activité des entreprises formelles, principalement soutenue par les secteurs primaire et tertiaire. L’IAE est ainsi projeté à 17,5 %.

Cette reprise attendue risque néanmoins de se heurter à un obstacle majeur : l’accélération de l’inflation. Après s’être établie à 6,8 % à fin mars, la hausse des prix en glissement annuel a atteint 8,6 % en juin. L’inflation sous-jacente s’est, quant à elle, hissée à 11,4 %, traduisant des pressions qui ne se limitent pas aux composantes volatiles comme le riz et l’énergie.

Les projections pour la fin de l’année sont encore plus préoccupantes. BFM estime que l’inflation globale pourrait atteindre 10,1 % en décembre 2026, contre 9,3 % dans sa précédente prévision. Les prix du riz progresseraient de 7 %, ceux de l’énergie de 9,7 %, tandis que l’inflation sous-jacente atteindrait encore 11 %. En moyenne annuelle, l’inflation globale serait de 8,5 %.

Pour tenter de contenir cette poussée des prix, le Comité monétaire a décidé de relever le taux directeur de 12 % à 12,5 %. La mesure vise notamment à préserver la stabilité financière et à ramener progressivement l’inflation vers l’objectif de moyen terme fixé à 5 %.

Le pays conserve néanmoins des marges de résistance sur le front extérieur. Les réserves officielles de change ont atteint 3,676 milliards de dollars à fin juin, soit l’équivalent de sept mois d’importations. Durant le premier semestre, l’ariary s’est également apprécié de 7 % face au dollar et de 9,3 % face à l’euro.

Les prochains mois seront donc déterminants. Entre une activité des entreprises encore fragile, une croissance estimée à 3 % contre les 3,8 % inscrits dans la LFR et une inflation susceptible de dépasser 10 %, le défi sera de consolider la reprise sans laisser la hausse des prix éroder davantage le pouvoir d’achat et la dynamique économique.

-----

7 commentaires

Vos commentaires

  • 8 août à 09:18 | citoyendumonde (#4292)

    Quand on n’a pas de politique économique qui cherche à inciter les initiatives privées il ne faut pas espérer avoir une bonne progression du taux de croissance. L’état fait du populisme en augmentant de 12% le salaire des fonctionnaires et en octroyant des indemnités de 200 000 Ar à ces bras cassés ; de l’autre côté on déclare la guerre au secteur privé déjà à l’agonie. Aujourd’hui être fonctionnaire est devenu à nouveau le rêve d’un jeune malagasy.
    Pour créer une entreprise il faut des capitaux, le taux d’intérêt actuel, entre 18 et 20% dans les banques commerciales, est inabordable pour un entrepreneur. Il n’y aura pas de création d’entreprise formelle.

    Répondre

    • 8 août à 19:16 | reglisse (#6117) répond à citoyendumonde

      En relevant le taux directeur de 12 à 12.5%, de fait l’ariary s’apprécie, et à court terme la ménagère aura l’impression de mieux respirer, mais...
      le cout du crédit devient plus cher, les entreprises vont bloquer les projets d’investissement, les exportations rapporteront moins de devises, et la création d’entreprises sera encore plus difficile.

  • 8 août à 09:41 | canal baobab 13 (#11848)

    Il faut une nouvelle génération de fonctionnaires pour lutter contre la corruption endémique
    et ça passait par ca ,là cette augmentation...le système bancaire bref les ( ex) vereux doit mettre la main à la poche je veux dire faire aussi mea culpa et ménage en commençant déjà à faire la guerre au changes de devises au noir organique par les filiales des banques fr...
    Vivement mon procès vs l ambassade malgache de paris la police nationale française le tribunal de Paris pour escroqueries au jugement torture le président du tribunal judiciaire de Strasbourg...mon affaire est comme une grosse belote que tu tu tires n importe quel fil elle passe par la grande île hihihi

    Répondre

  • 8 août à 09:41 | RN13 (#11689)

    Quand la population augmente avec 2,7% par an, croissance economique de 3% egale presque zero. Chaque jour la population de Madagascar augmente avec 2000 personnes (6000 naissances moins 4000 decès).
    Ils sont tous le bienvenue bien sur, mais qui va assurer leur acces à eau portable, nourriture, éducation, soins de santé, logement, emploi...

    Répondre

  • 8 août à 12:04 | Vohitra (#7654)

    Qu’est ce qui parle plus vite que les alignements de chiffres provenant des indicateurs macro-économiques ?

    Le Malagasy raisonne à partir de ce qui se passe et se trouve dans la marmite...

    L’inflation galopante se traduit dans la marmite...

    Attention ! On est à trois mois de la période de soudure, et les réactions risquent d’être imprévisibles d’ici là...

    Le pouvoir d’achat du Malagasy est déjà laminé depuis longtemps...et les chiffres ne peuvent compenser la faim...

    Qu’avait dit le Général Baomba il y un an déjà ?

    "le peuple ne peut rien faire face à une force armée..."

    "les supermarchés sont envahis par les gens qui s’approvisionnent...et les conditions de vie de la population s’améliorent..."

    Quelques mois à peine, le régime du Calife est balayé par une révolte populaire malgré la répression sanglante et bestiale...

    L’histoire n’est-elle pas un éternel recommencement comme on a l’habitude d’entendre ?

    Presque un an déjà...

    Et la pauvreté ne cesse de gagner du terrain... Et les nouveaux riches sont déjà identifiés et connu du public...

    Répondre

  • 8 août à 18:25 | rakotobe (#7825)

    Bonjour Vohitra,

    C’est bien là le scandale d’une économie à 2 vitesses.

     de retombées toujours aussi faramineuses pour le secteur formel exportateur détenteur de potentiel énorme d’investissement ( grds groupes financiers), qui n’a pas d’impact ni ruissellement sur l’économie domestique.

     les ménages restent pauvres , victime d’une inflation importée persistante : dépendance des importations alimentaires et énergétiques, coúts logistiques élevés, pénuries structurelles.
    Une PAUVRETÉ qui va perdurer puisque les prix montent surtout par les coûts , pas par la demande.

    Conclusion :
    Est ce que la loi n°21/ 2026 sur la volonté de nationaliser les importations de carburants que le Groupement des Pétroliers de Madagascar a qualifié de réforme " sans analyse éco, technique et financière " changera t’elle la donne rapidement ?
    Pas sûr de mon point de vue !
    Je doute que la junte ait la capacité technique, logistique et moyens financièrs pour gérer seul un secteur aussi complexe

    Répondre

  • 9 août à 20:15 | rakotobe (#7825)

    Le taux de croissance nominal est mou...
    Le taux de croissance réel est plombé par une inflation trop élevée.
    Ce qu"il faudrait faire :
     soutenir les projets renforçant la résilience agricole et les infrastuctures essentielles
     encourager la formalisation et la montée en productivité du secteur informel.
     intégrer les mécanismes de gestion du risque de change.

    Répondre

Réagir à l'article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, merci de vous connecter avec l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Publicité




Newsletter

[ Flux RSS ]

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS 
 
{#URL_PAGE{archives}}