Bienvenue, ami du samedi. Pour sa cinquième consultation, notre cabinet ausculte aujourd’hui un patient increvable, contagieux depuis des siècles, et qui refuse obstinément toute guérison : le dictateur non éclairé.
Pour commencer et pour savoir de quoi l’on parle, intéressons-nous aux définitions pertinentes du Larousse.
Dictateur : Personne autoritaire qui impose son point de vue et sa manière de vivre aux autres.
Être éclairé : Avoir des connaissances et du discernement.
Un esprit non éclairé est donc un esprit guidé à la lueur des délestages de la Jirama. Cela ne l’empêche toutefois pas d’être illuminé, même dans l’obscurité.
Question pour un champion, et on ne parle pas d’Andry Rajoelina : Qu’est-ce qui importe vraiment aux citoyens dans leur vie quotidienne ?
Est-ce le bien-être économique : pouvoir manger, se soigner, se vêtir et éduquer les enfants, avoir un travail décent ?
Ou est-ce le bien-être politique : pouvoir s’exprimer librement, avoir droit à des élections propres ?
Ce genre de questions anime la flamme de ceux qui s’apprêtent à lécher les bottes en peau d’ours ou les espadrilles de kung-fu.
Il y a en effet quelques exemples de dictatures qui ont permis de développer leurs pays, au détriment des droits politiques et des libertés civiles. Les exemples les plus célèbres souvent cités sont sans doute le régime de Lee Kuan Yew à Singapour ou les régimes autoritaires successifs à Taiwan. Toutefois, ils ne sont pas les seuls.
C’est pour cela qu’à Madagascar, de nombreux dirigeants ont été inspirés par l’idée de dictature éclairée, mais ont toujours été incapables d’aller au-delà du premier mot.
On pourrait se dire que, contrairement à dictateur non éclairé, dictateur éclairé est a priori un oxymore, une association de deux mots contradictoires, comme une prostituée vierge ou un politicien honnête.
On a finalement eu les versions des boutiques de Behoririka, les dictatures non éclairées, qui présentent toutes les tares du jadona sans offrir les avantages du fandrosoana. Elles produisent toutefois un effet pervers et inévitable : l’enrichissement sans cause du clan au pouvoir, protégé par un état de droit tordu où la loi est utilisée comme un outil politique contre les opposants.
Le dictateur non éclairé va donc chercher à éviter d’être victime de ce dont il a été coupable.
S’il a bénéficié du soutien d’une faction de l’armée pour renverser le dirigeant précédent, il va amadouer les bidasses à coups d’avantages et de promotions.
S’il a profité des réseaux sociaux pour accéder au pouvoir sans passer par les urnes, il en connaît les risques. L’expérience vaut science : il va donc s’évertuer à placer ces mêmes réseaux sous contrôle. Au nom de la loi.
Rappelons toutefois que la légalité n’est pas la justice. À un moment de l’histoire et à divers endroits de la planète, l’apartheid était légal, tout comme le colonialisme, l’esclavage ou certains génocides.
« Au nom de la loi » n’est donc certainement pas un principe infaillible et systématiquement respectable.
Quelquefois, il s’agit juste d’une injonction pour invoquer ou fabriquer des lois scélérates, les perquisitions machiavéliques, les accusations imaginaires d’atteintes à la sûreté de l’État, tout ceci pour préserver la sérénité de l’état mental du dirigeant.
Quelquefois, derrière le noble principe de lutte contre la cybercriminalité se cachent des cybercriminels à la tête de réseaux de comptes fake.
Mais en politique, le criminel est juste celui qui est du mauvais côté de la barrière.
Quand on est du « bon côté », l’objectif est d’aider à obtenir le silence sur les sujets qui fâchent. Le patrimoine automobile florissant. Le patrimoine immobilier miraculeux. Les comptes bancaires grassouillets, de préférence à l’étranger. Les diplômes bidons escamotés par des diplômes de complaisance.
Quand ils étaient opposants, beaucoup insultaient le pouvoir. Une fois qu’ils arrivent au pouvoir, les insulter devient un crime de lèse-majesté.
L’insolente réussite du dictateur non éclairé dans l’enrichissement personnel inspire d’autres aspirants dictateurs. Depuis la crise de 1972 jusqu’à celle de 2025, tous les opposants ont revendiqué le changement, mais ils ne veulent souvent changer qu’une chose : l’identité des membres du clan qui profitent du système.
Le pouvoir et le « S » qui va avec.
« S » pour sosy, au cas où les esprits tordus imagineraient autre chose. Quoique... Quand on entend certaines histoires de moeurs au sein de la classe politique, ce n’est pas d’un mpiandry au pouvoir dont on aurait besoin, mais d’un exorciste.
Dans les poissonneries, chaque arrivage renouvelle les crabes du panier, mais les crabes restent des crabes. Ils ont le même comportement, pincent ceux qui les menacent et dégagent la même odeur.
Le dictateur non éclairé qui remplace un dictateur non éclairé sera donc tout aussi incompétent, tout aussi arrogant, et tout aussi peu démocrate. Une raison simple à cela : si le système judiciaire est aux ordres et le Parlement au garde-à-vous, il n’y aura pas de garde-fous. Et pourtant, ce ne sont pas les fous à garder qui manquent.
Le clan du dictateur non éclairé aura toutefois appris par l’observation des erreurs de ses prédécesseurs : comment réprimer plus efficacement, accroître sa fortune plus rapidement, et rester au pouvoir plus solidement. Le tout avec de grands sourires le jour des élections volées, dont on connaît le vainqueur le jour où il déclare sa candidature. « En Afrique, on n’organise pas des élections pour les perdre » disait l’ancien président congolais Pascal Lissouba.
Fatalisme ou lucidité ? Finalement, la population s’accommode du passage d’un dictateur à l’autre, et soutient même le retour de certains, au nom d’une amnésie sotte et coupable. Ratsiraka, éjecté à la suite de la transition 1991-1993, revient par les urnes en 1997. Même cas pour Rajoelina en 2018, malgré un bilan désastreux de la transition 2009-2013.
En 1972, 1991, 2002, 2009, 2018 et 2025, la Place du 13-mai a été occupée au son de slogans rhétoriques pour donner aux benêts l’illusion que leur vie va changer grâce à la crise.
Jusqu’à ce que la prochaine leur donne la preuve que la tête sur la nouvelle photo n’était pas nécessairement mieux remplie que celle sur l’ancienne.
Consultation terminée. Ordonnance délivrée gratuitement, mais sans illusion sur les maladies incurables.
Ainsi parle le folisophe du ça me dit. Qui vous dit à samedi prochain.






Vos commentaires
La dictature non éclairée en l’absence du verbiage de la démocratie éclairée s’obstine dans sa posture pour aller vers la métaphore d’une dictature éclairée plutôt vers l’avancement réel , un fait constaté sur lequel se repose le pouvoir qui s’occupation de l’intérêt réel de la population .Dans les pays asiatiques dont la civilisation n’est pas comparable à la civilusation africaine , la mutation génétique de l’ADN de ceux qui arrivent au pouvoir a entraîné des luttes et évolutions sociétales pour améliorer les intérêts collectifs , une action dont on qualifie du patriotisme contrairement à ce qui se passe à Madagascar et dans les pays africains où décrocher le pouvoir c’est pour se remplir les poches , et profiter au maximum pour ses intérêts personnels , la corruption , le détournement où la notion du vrai mérite par le biais de ses efforts petsonnels a disparu comme la classe moyenne ( te hanankarena tampoka).
A côté , la mentalité y afférente pour le gain de l’appât facile , l’absence des efforts personnels dans l’ascension sociale car les leaderships , les élites censés d’apporter des innovations ne s’occupent d’eux même dans un état où les subventions pour améliorer le bien collectif reste inexistant ...la preuve ?
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Qui s’occupe au lieu de ...s’occupation...
Les élites ne s’occupent que d’eux même...
En résume : en contournant la décentralisation du système étatique , la dictature éclairée n’est que le chemin vers le progrès réel sans remplacer la démocratie.Du moment que ça touche l’intérêt collectif c’est déjà un avancement.
Le paradoxe : la régionalisation et décentralisation effective du système étatique sont les vraies voies à suivre.
En ce samedi ensoleillé au pays de Zanahary, Andy venait encore de frapper fort à sa manière, pouvant causer une poussée de chaleur et un afflux de sueur chez quelques uns vêtus de treillis et chaussés de brodequins pour se donner l’allure de patriotes au rabais...
Bien sûr, Adolf Hitler était parvenu au sommet du pouvoir dans la totale légalité, il en est de même d’un certain Alexandre Loukatchenko...ou d’un flibustier avec l’arnaque trop bien maquillée présentée un 30 décembre 1975 à un peuple désireux de vivre un monde paradisiaque promis sous Leonid Brejnev...
S’agissant de "dictature éclairée", l’appel vibrant pour un changement de mentalité en est inséparable en proférant des promesses aveuglantes dont les promoteurs ne savent même pas la destination finale...
Mais à peine quelques mois au sommet, le dictateur a déjà fait un aveu consternant en disant qu’il lui est difficile de dénicher des personnes de confiance autour de lui, est-ce le justificatif pour l’exercice sans interruption dans la pratique de l’art du rétropédalage avec une excellence imbattable...
Mais au fond, pour se défendre de ses actes incompris et difficiles à comprendre, le dictateur illuminé œuvrant en pleines circonstances ténébreuses s’ arcboute dans un argument fallacieux : il n’avait pas volé le pouvoir mais on l’a donné et offert sur un plateau...d’argent...et c’est agréable...
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ANDY a forcé sur l apero je pense et je vais pas lui en vouloir ( bon c est un hobby je suppose ses edito c est pas l impot français qui paye) mais écrire que ratsiraka revient par les urnes en 97 c est du même tonneau ces étrons des médias traditionnels qui écrivent disent rabachent que NAPOLÉON 3 EST LE PREMIER elu au suffrage universel...
C est vrai mais quelques années après un coup d etat..
A noter que son premier coup d etat fut à...STRASBOURG au cave d Eugénie sbire de la city...
Strasbourg notre ZAD et pas pour rien la nouvelle mairie n a pas recondui ma domiciliation pour une 2ime année...
Référé en cours enfin j espère...
La ploutocratie pige le parti socialiste en tête
Andy est trop jeune pour avoir un avis lucide et factuel mais ratsiraka ne revient pas par les urnes en 97 mais début novembre 95 par l incendie du ROVA qui marque le début du coup à venir pour remettre l amiral le plus minable de l histoire de la marine mondiale ...( incapable de faire une triangulation m ont assuré des enfin un vieux de la vieille qui m affirma un avait même un naufrage à son actif ce bon à rien qui fut même incapable d entretenir deux vedettes rapides équipées de 12.7 bref)....et surtout l inadmissible corruption de Paris du CONSEIL CONSTITUTIONNEL MALGACHE QUI VOTE L EMPÊCHEMENT DU BRAVE ALBERT ZAFY chirurgien que certains arrivent à pourrir ici oui juppé sait pourquoi il est au CC français et je garde le meilleur pour mon procès...
Mes spoileurs veulent pas bref l etat profond mais avec ma paire...de constat d huissier hein les filles hihihi i joke andy M tu devrais vivre avec ton époque à défaut d essayer d avoir toujours un coup d avance...
MoA menoté par ces sam de la PAF d orly hihihi..
mine de rien quand ma femme me dit" mon pauvre poum ce sera ici à Paris comme à Madagascar désormais t es k1 grain de sable " je pleure ...aussi de rire car en 97 2 mois avant de te marié après un rapatriement digne d’1 film car tordre le bras d1 sénateur bref...
j avais mai 97 grace a internet vendu à New york du précieux cotier hé hé.. et les romains ont détesté l imprimerie et alors internet bref fin un chouya subliminale andy M tu devrais justifier cet edito par un apero commencé trop tot enfin il est midi 30 à Madagascar non
Allez bon appétit à touti
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Mercy Andy pour ce billet qui enfonce des portes ouvertes , mais qui est une piqure de rappel pour les endormis .
Le nouveau Ministre de La Culture et de l’information est l’un des parasites visés par votre dénonciation . Il veut faire voter une Loi , qui limiterait la Liberté d’expression , dont il a largement bénéficiée dans son Emission , " L’invité du jour".
Il a depuis bafoué cette prérogative , en s’affichant avec Raïssa Razaivola , renvoyée en prison depuis , mais surtout en adoubant le Colonel en le "baptisant" de la réincarnation de Nelson Mandela ...
Rien que cela . Le pouvoir rend fou , surtout les parvenus ...
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