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samedi 7 novembre 2026
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Système électoral : la leçon américaine

samedi 7 novembre | Ndimby A., Patrick A. |  698 visites  | 11 commentaires 

Même à Madagascar, les esprits sont marqués par la récente victoire des démocrates aux élections de mi-mandat aux États-Unis. Les victoires politiques obtenues plus ou moins à la loyale ont toujours quelque chose de fascinant. Il en est ainsi des élections qui arrivent à renverser le rapport de force dans un pays, ou des leaders qui parviennent à conquérir un parti politique alors que tout indiquait une mission difficile, voire impossible.

On pourrait également mentionner (entre autres) la remontada de Jacques Chirac face à Édouard Balladur pourtant donné favori par les sondages à l’élection présidentielle française de 1995, la victoire de François Hollande face à Nicolas Sarkozy à celle de 2012, le succès d’Emmanuel Macron sans s’appuyer sur un parti politique existant en 2017 ou la façon dont Donald Trump a conquis le parti républicain puis la Maison Blanche en 2016, sans oublier les alternances sénégalaises. Rappelons les victoires d’Abdoulaye Wade sur Abdou Diouf, de Macky Sall sur Abdoulaye Wade, et de Bassirou Faye sur le candidat d’État Amadou Ba. Nous citons ces divers noms pour leur succès dans la conquête du pouvoir par la voie électorale, sans que cela ne soit une validation de leur programme politique.

Alternances démocratiques

Ces anecdotes sont admirables car elles montrent comment une victoire est possible en utilisant le débat d’idées et les règles électorales dans un parti ou dans un pays. Elles montrent également le grand écart avec les pays où les structures et les institutions sont capturées et instrumentalisées pour servir des intérêts de clans, captures souvent menées par des leaders affirmant pourtant œuvrer pour la démocratie, le développement et la bonne gouvernance.

Nous avons cité plus haut trois exemples sénégalais, pris parmi de nombreuses alternances électorales en Afrique, pour montrer que le respect des principes démocratiques n’est pas réservé aux pays développés ou aux nations occidentales [1]. Malheureusement, de nombreuses pratiques exotiques semblent cautionner les points de vue qui mettent en doute la capacité des pays africains à mettre en œuvre la démocratie. Ce n’est pas à coups de beaux discours et de conférences nationale que la démocratisation se fera, mais par une refondation des mentalités. Celles qui, pour l’heure, favorisent les coups d’État, les détournements de deniers publics, l’impunité dans les actes de corruption et l’incompétence, et la posture de ceux qui considèrent que le fait d’être au pouvoir leur donne l’autorisation de s’estimer sans limites, et par conséquent, intouchables. Rappelons une vérité toujours d’actualité exprimée par un titre d’un éditorial datant de 2009 : « Il faut des démocrates pour bâtir une démocratie ». De plus, contrairement à ce que pensent ceux qui tentent de vendre le concept fumeux d’une « démocratie à la malgache » avec une version tropicalisée de ses valeurs universelles, rappelons que la démocratie se caractérise par des principes et se mesure par des indicateurs mondialement reconnus.

L’actualité américaine a été au cœur de l’actualité depuis deux ans. Toutefois, lors des élections de mi-mandat que ce pays vient de vivre, les États-Unis ont démontré que malgré les défis qui mettent la démocratie à l’épreuve, la solidité de certaines valeurs est en mesure d’assurer la stabilité de celle-ci : la solidité des institutions, la croyance que l’alternance est possible, et la fiabilité du système électoral. Il reste encore à savoir ce que cette défaite du parti Républicain va réellement changer. Avec deux questions subsidiaires : primo, est-ce que la mauvaise humeur des vaincus ne va pas se traduire en poussée de comportements antidémocratiques ; et secundo, est-ce que les démocrates sauront transformer l’essai lors de la présidentielle dans deux ans ? En effet, il y a des exemples de camps présidentiels ayant eu des revers aux élections de mi-mandat, mais qui ont ensuite réussi à faire réélire le chef d’État en perte de vitesse deux ans auparavant : Truman, Eisenhower, Reagan, Clinton et Obama.

« Revin-gadra »…

Quelle comparaison possible avec le cas Madagascar, diront les pessimistes ? La démonstration qu’entre le rêve américain et ce qu’on est en droit de qualifier de cauchemar malagasy, les frontières sont parfois plus poreuses qu’on aurait pu le croire. Qui aurait pu imaginer il y a quelques années que les craintes de violences ou d’insurrection post-électorales pourraient être un sujet aux États-Unis ? Que la corruption y devienne un thème important de campagne électorale ? Les cas de la Hongrie et de la Serbie constituent d’autres démonstrations que le pire n’est jamais certain : même lorsque d’importantes puissances économiques viennent appuyer un pouvoir politique autoritaire, une refondation par la voie des urnes reste réalisable lorsque demeurent suffisamment ancrées au sein des populations la volonté de changement et la croyance que l’alternance est possible. Ce dernier point est majeur : non seulement il permet la résilience et la patience que nécessite le respect du cycle électoral, mais il pousse les états-majors politiques à mettre en place des stratégies visant une victoire électorale par la force des arguments, et non par l’argument de la force.

À l’heure où à la tête de Madagascar se trouve un Conseil présidentiel aux allures de junte militaire, et où le mot « amiral » évoque un chef d’État autoritaire parvenu au sommet à l’issue d’une période très troublée, il y a quelque chose de fascinant à voir une ex-amirale revenir de nulle part en jouant uniquement le jeu de la démocratie. Nancy Lacore, ancienne cheffe d’état-major des forces navales américaines en Europe et en Afrique, qui avait été victime d’une des purges menées sans explications par le secrétaire à la défense Pete Hegseth en 2025, vient d’être élue à la Chambre des Représentants pour le compte de la Caroline du Sud, à l’issue d’un scrutin serré.

Nancy Lacore, pilote d’hélicoptère de formation, mère de six enfants, avait en partie axé sa campagne sur son souhait de dépolitiser la politique de sécurité nationale. Un thème qui a porté, y compris au sein des cercles conservateurs, où demeure un certain attachement à la neutralité des armées, alors qu’une allégeance explicite à la politique de Donald Trump avait été imposée à tout le personnel du Pentagone depuis 2025. Voilà peut-être un bon sujet de réflexion pour les élèves et anciens de l’académie militaire d’Antsirabe, dont certains se rêvent en Sankara local, avec en plus le risque que le modèle de prise de pouvoir par le biais du Capsat ne devienne pérenne.

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Notes

[1] Nous aurions notamment pu citer d’autres exemples d’alternance démocratique survenus au Kenya, au Lesotho ou en Zambie.

11 commentaires

Vos commentaires

  • 7 novembre à 10:21 | RATOVO (#10503)

    Faisons simple dans les réflexions et les enseignements de ce midterms : le pervers narcissique Donald TRUMP et son acolyte James David VANCE ont reçu un revers électoral monumental . Les démocrates épousent désormais l’idéologie du Wokisme . Le vieux continent avec le nationalisme rampant est en plein questionnement . En tous cas ça pourrait infléchir le vote pour Marine LE PEN .

    Répondre

    • 7 novembre à 10:44 | tonga soa (#11899) répond à RATOVO

      Je croyais que ce forum était uniquement réservé aux affaires malgaches. Pourquoi s’intéresser à Trump et Marine ? Qu’on t’il à voir avec Mada ?

    • 7 novembre à 13:14 | bekily (#9403) répond à RATOVO

      C’est une leçon de démocratie qu’on ne saurait ignorer.
      En tout cas, les Americains ont du pain sur la planche, même s’ils ont mis fin au populisme trumpien.
      " le triomphe de la démagogie est passager, mais les ruines sont éternelles..." disait Charles Peguy.
      — La salle de bal est en cours.
      — Pour l’arc de triomphe(de plus de 16 mètres qu’à Paris) , la saga juridique est en cours.
      — Et le désordre economique mondial ronronne toujours.
      — la bulle de l’IA semble éclater.
      Les data centres dans la cible des démocrates.

  • 7 novembre à 10:52 | Vohitra (#7654)

    Consultation, choix populaire, élection...

    Pourquoi est-ce possible ailleurs une alternance dans le calme et une rupture sans heurts et violence ?

    C’est parce qu’ailleurs, il n’est pas si difficile que ça de comprendre les enjeux (coût de la vie, sécurité, paix sociale, préservation de la dignité...) et que la contribution est un réflexe citoyen éclairé !

    De plus, l’ensemble des services de l’administration constitue un dernier rempart insurmontable et difficile à anéantir et à aliéner dans la défense des intérêts particuliers !

    Par ailleurs, dans les pays où les épreuves de l’existence d’une réelle vie démocratique sont observées dans l’équilibre des institutions, l’armée n’a jamais eu de vocation ni d’attribution pour faire valoir l’idéale republicaine, alors qu’au cours de ses 66 années d’histoire politique post-independance, Madagasikara avait connu quatre rébellions armées et qui avaient marquées l’orientation de l’exercice de l’autorité publique dans un sens favorable aux dirigeants et chefs militaires... Il n’est pas un mystère pour personne qu’à Madagasikara, le candidat soutenu par l’armée reste le favori d’un scrutin et sera le vainqueur d’une élection où se mêle corruption, detournement de voix, partialité de l’administration publique sont légendes...

    Bref, il n’y a aucune comparaison à faire avec ce qui se passe pour le cas de Madagasikara, la refondation de la République est juste et indispensable, utile et inévitable, nécessaire et incontournable, dans la situation actuelle.

    Il n’est pas superflu de préciser que l’existence de la République ainsi que la stabilité de la Nation vont dépendre de la réussite ou l’échec du processus de refondation envisagée actuellement. L’unité nationale en sera marquée à jamais dans un sens ou dans l’autre... La junte militaire en portera la responsabilité, cette fois, aucune possibilité de se défausser de ses lacunes...

    Répondre

  • 7 novembre à 11:54 | Stomato (#3476)

    C’est bien de montrer ce qui se passe dans le grand monde !

    Mais prendre comme modèle un système électoral comme celui des USA est une gageure !!!

    En effet les votants n’ont NUL BESOIN de prouver qu’ils sont autorisés à voter en étant citoyen des États Unis d’Amérique !

    Un permis de conduire les véhicules automobiles aux USA suffit pour voter.
    En effet le système d’état civil est encore plus mal foutu que celui de Madagascar.
    Un citoyen Mexicain peut aller dans un consulat du Mexique n’importe ou en Californie ou au Texas par exemple et demander et obtenir une carte de résident aux USA, puis obtenir (ou acheter) un permis de conduire, puis voter pour le président des USA ! Il n’est même pas nécessaire de parler couramment l’Américain :-)

    A Madagascar il est très facile de changer complètement d’état-civil au moyen de jugement supplétif entièrement basé sur l’honnêteté des citoyens, et ensuite l’on se plain des difficultés croissantes pour obtenir des visas Schengen !!!
    Parfois il suffit d’attendre sa majorité pour changer d’état-civil !

    Ceci dit s’intéresser à ce qui se passe dans le grand monde permet d’ouvrir une lucarne sur l’isolationnisme insulaire.

    Répondre

    • 7 novembre à 11:59 | tonga soa (#11899) répond à Stomato

      "Ceci dit s’intéresser à ce qui se passe dans le grand monde permet d’ouvrir une lucarne sur l’isolationnisme insulaire."

      Tout à fait d’accord avec vous. Je dirais même plus c’est indispensable de nos jours. Hélas nombreux sont ceux qui ont clamé le contraire quand c’était moi qui le disait.

  • 7 novembre à 12:23 | tonga soa (#11899)

    HS :

    On ne voit plus baobal/poumarrat depuis quelques jours. Quelqu’un aurait de ses nouvelles ? Ce n’est pas qu’il me manque bien au contraire mais comme je ne crois pas à la grâce de Dieu alors je m’interroge.

    Sauf erreur de ma part rateaukobi aussi...mais lui comme dirait BIKINI ce serait parce qu’il a atteint ses objectifs.

    Dommage que BIKINI est encore loin d’atteindre ses objectifs cela rendrait plus digeste ce forum.

    Répondre

  • 7 novembre à 13:48 | bekily (#9403)

    Si ta petite tête n’était pas nébuleuse...tu aurais compris autrement le cours des événements .
    Parmi les suggestions ( partagées avec "MES" compatriotes) depuis quelques années....
    1- dégager la francafrique, c’est fait
    2- suggestion de refonte constitutionnelle ( sur les rails) pour plus de décentralisation politique espérons le.
    3- suggestion d’usine de dessalement...en cours
    4- maîtrise de l’énergie ( poste stratégique) en cours, dont réquisition d’ENELEC à Tamatave, après plusieurs sommations.

    Comme tu vois, malgré l’indigence des médias locaux, les réseaux sociaux font leur œuvre dans la résistance aux autocrates divers.
    Er ce phénomène a été source de moult changements politiques mondiaux , dans les pays peu développés ( Tunisie, Bangladesh, Madagascar notamment )
    ou de moult mouvements sociaux ( France, Allemagne, Italie, Espagne en ce moment) malheureusement sur fond de manipulation exogène.

    Et tes interventions à la noix font peanuts.
    De surcroît d’une médiocrité qui doit faire honte à ceux qui partagent ,un tant soit peu, tes galimatias...
    Assorties de manière orduriere qui dessert la France.

    Répondre

    • 7 novembre à 15:40 | tonga soa (#11899) répond à bekily

      Pardon mais....
      "1- dégager la francafrique, c’est fait
      2- suggestion de refonte constitutionnelle ( sur les rails) pour plus de décentralisation politique espérons le.
      3- suggestion d’usine de dessalement...en cours
      4- maîtrise de l’énergie ( poste stratégique) en cours, dont réquisition d’ENELEC à Tamatave, après plusieurs sommations."

      Rien n’est encore fait. Ce n’est que des supputations sans obligation d’aboutir. Les supputations sont souvent faites pour les "gogos" et ici il n’en manque pas. Nous en reparlerons lorsque cela aura abouti c.a.d. peut être dans des années, voire des décennies. Ce n’est pas parce que l’on réquisitionne que l’on a réglé le problème surtout à une entreprise privée qui est là pour produire et encaisser.
      Dégager la françafrique pour russafrique...si vous croyez que Mada peut y gagner c’est que vous croyez encore au Père Noël et à votre âge très avancé c’est grave.
      Refonte constitutionnelle ...espérons le dites vous...on peut rajouter l’espoir fait vivre.
      Usine de dessalement...attendons ce n’est pas encore fait.

      Enfin que du vide en fin de compte. Ce n’est pas avec vous que Mada avancera.

    • 7 novembre à 16:08 | bekily (#9403) répond à bekily

      PFFFFFFFFFFFFFF
      Tu peux toujours repandre ta bave....comme de coutume.
      Rien d’étonnant.

    • 7 novembre à 17:45 | tonga soa (#11899) répond à bekily

      novembre à 15:04 | bekily (#9403)

      Se sentir obligé de répondre bêtement à tout est une véritable obsession paranoiaque.

      Et elle qu’est ce qu’elle fait en ce moment ….et à chaque fois d’ailleurs.
      Ainsi est prise qui croyait prendre...
      Je sais cela fait mal BIKINI...

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